Douze sites de deepfakes sexuels fermés : une avancée majeure de la justice à New York

Une opération judiciaire d’envergure a récemment ciblé l’industrie des deepfakes sexuels aux États-Unis. Le lundi 15 mai 2026, les autorités de New York ont annoncé la saisie de douze noms de domaine utilisés pour diffuser des contenus pornographiques générés ou modifiés par intelligence artificielle, et ce, sans le consentement des personnes représentées. Le procureur de Manhattan, Alvin Bragg, a indiqué qu’environ 1 200 victimes figuraient sur ces plateformes, incluant des acteurs, des personnalités politiques et d’autres figures publiques.

EN BREF

  • Douze noms de domaine liés à des deepfakes sexuels ont été saisis à New York.
  • Environ 1 200 victimes, dont des célébrités, sont concernées par ces contenus.
  • Cette opération s’inscrit dans un cadre juridique renforcé contre la diffusion d’images non consenties.

Alvin Bragg a qualifié cette saisie de la plus importante jamais effectuée en matière de noms de domaine consacrés à des contenus illégaux de ce type. Parmi les sites saisis, certains portaient des noms tels que « AI Celebs ». Le procureur a précisé que partager des images ou vidéos réelles de personnes engagées dans des rapports sexuels sans leur autorisation est illégal dans l’État de New York. Cela s’applique également aux contenus générés ou modifiés par des outils d’intelligence artificielle.

L’enquête initiale a été déclenchée suite au signalement d’une victime. Bien que le procureur n’ait pas confirmé si des arrestations avaient été effectuées, il a ajouté que les investigations se poursuivent pour identifier les responsables des plateformes concernées. « Nos enquêtes sur les sites de pornographie de deepfakes et leurs créateurs ne font que commencer », a-t-il déclaré, soulignant l’engagement continu de son bureau dans la lutte contre la criminalité.

Selon le média Wired, les douze sites ciblés permettaient de publier, partager ou vendre des vidéos sexuelles truquées, représentant majoritairement des femmes. Certaines de ces plateformes auraient même attiré des millions de visiteurs, proposant des vidéos de plusieurs minutes réalisées en remplaçant le visage d’actrices pornographiques par celui de célébrités ou de figures publiques. Certaines vidéos archivées ont été vues plusieurs dizaines de milliers de fois.

Wired a également rapporté que plusieurs des sites saisis avaient déjà remplacé leur page d’accueil par un message indiquant que « ce domaine a été saisi », et ce, avant même l’annonce officielle du procureur. Benjamin Shultz, un chercheur à l’American Sunlight Project, a noté que certaines plateformes proposaient des profils d’élus, comprenant leur nom, leur fonction et une série de vidéos manipulées. Une partie des contenus sur ces sites aurait précédemment circulé sur MrDeepFakes, un site majeur spécialisé qui a été fermé en 2025.

Cette saisie intervient dans un contexte où le cadre juridique américain se renforce face à la diffusion d’images intimes sans consentement. En mai 2026, les États-Unis ont commencé à appliquer le « Take It Down Act », promulgué l’année précédente par Donald Trump. Cette loi rend illégale la diffusion en ligne d’images sexuelles non consenties, y compris celles produites par des outils d’intelligence artificielle, et impose aux plateformes technologiques de retirer de tels contenus.

Cette initiative judiciaire marque une étape significative dans la lutte contre l’exploitation des technologies de deepfakes. Les conséquences de cette action pourraient influencer les pratiques de l’industrie du divertissement et renforcer la protection des droits individuels à l’ère numérique.