Éco-anxiété : comment reconnaître et gérer ses émotions face aux dérèglements climatiques

Alors que cet été 2026 a été marqué par des températures record, les Français sont nombreux à ressentir une inquiétude grandissante face aux enjeux climatiques. Avec une moyenne de 24,9 °C en juillet, le mois s’est hissé au rang des plus chauds jamais enregistrés en France. Cette situation, exacerbée par des épisodes de canicule et de sécheresse, alimente un phénomène de plus en plus courant : l’éco-anxiété.

EN BREF

  • 6,3 millions de Français se disent éco-anxieux, dont 2,1 millions souffrent fortement.
  • L’éco-anxiété est une réaction émotionnelle normale face aux menaces environnementales.
  • Des solutions existent pour gérer cette anxiété et s’engager positivement.

D’après une étude de l’Agence de la transition écologique (ADEME) publiée en mars 2025, 6,3 millions de Français se définissent comme éco-anxieux, dont 2,1 millions éprouvent une forme intense d’anxiété nécessitant parfois un suivi psychologique. Ce phénomène, bien que souvent associé aux jeunes générations, touche désormais un public plus large. Mais qu’est-ce que l’éco-anxiété et comment peut-on la comprendre et la gérer ?

Qu’est-ce que l’éco-anxiété ?

Le terme « éco-anxiété » combine les notions d’écologie et d’anxiété. Il a été introduit en 1997 par Véronique Lapaige, médecin-chercheur. Selon Yvan Marc Juillard, psychologue clinicien, l’éco-anxiété se définit comme des réactions émotionnelles normales face aux dangers écologiques réels. Bien qu’elle puisse être douloureuse, cette forme d’anxiété est une réponse saine qui souligne la prise de conscience des menaces environnementales telles que le dérèglement climatique, la perte de biodiversité et la pollution.

« La peur est souvent alimentée par les événements actuels comme les incendies, les inondations et les tempêtes, mais aussi par des menaces futures », explique Yvan Marc Juillard. Cette anxiété est en grande partie une réponse à la dégradation des écosystèmes, qu’ils soient humains ou non-humains. Les personnes éco-anxieuses comprennent que les choix et les actions d’aujourd’hui influenceront l’avenir de la planète.

Les manifestations de l’éco-anxiété

Les symptômes de l’éco-anxiété varient d’une personne à l’autre et comprennent souvent des manifestations physiques et psychologiques. Les éco-anxieux peuvent ressentir des nausées, des palpitations, ou encore des douleurs thoraciques. Des troubles du sommeil, des pensées obsessionnelles ou des crises de panique peuvent également survenir. En général, ces individus éprouvent des sentiments de tristesse, de colère, de frustration et parfois même un sentiment d’impuissance face aux enjeux climatiques.

Il est donc crucial de reconnaître ces ressentis et de ne pas les minimiser. « Les proches de ceux qui souffrent d’éco-anxiété doivent faire preuve d’écoute et de compréhension, car ces émotions peuvent créer des tensions au sein des familles », souligne Juillard.

Comment gérer l’éco-anxiété ?

Pour soulager l’éco-anxiété, il est essentiel de trouver des moyens d’agir et de se reconnecter à la réalité. Yvan Marc Juillard suggère plusieurs approches. D’abord, il est recommandé de verbaliser ses émotions en en parlant avec des amis ou des proches. Cela permet de sortir de l’isolement et de partager des ressentis sans crainte de jugement.

Ensuite, il peut être bénéfique de se concentrer sur des actions concrètes. S’engager dans des initiatives environnementales, comme rejoindre des associations écologiques, participer à des potagers collectifs ou des marches pour le climat, peut non seulement aider à atténuer l’anxiété, mais également renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté.

Yvan Marc Juillard insiste aussi sur l’importance de se recentrer dans le présent, d’éviter de se projeter dans un avenir incertain et angoissant. Des exercices de régulation émotionnelle peuvent être utiles. Par exemple, il suggère de fermer les yeux et d’observer les sensations physiques pendant une émotion intense. Cette pratique aide à apprivoiser les émotions et à les laisser passer, plutôt que de les réprimer.

Pour ceux qui souhaitent approfondir leur compréhension de l’éco-anxiété, des ressources comme le livre de Yvan Marc Juillard ou des podcasts peuvent offrir des pistes de réflexion et des outils pour mieux gérer ces émotions.

Enfin, la nature peut agir comme un véritable antidote à l’éco-anxiété. Se promener en plein air, observer la biodiversité et prendre conscience de la beauté du monde vivant peut fournir une perspective apaisante. « La peur peut être un moteur de changement, car elle nous pousse à agir pour préserver notre environnement », conclut Yvan Marc Juillard.

En somme, l’éco-anxiété, bien qu’elle puisse être déstabilisante, représente aussi une opportunité de réflexion et d’action. En prenant soin de soi et en s’engageant pour la planète, il est possible de transformer cette anxiété en une force positive.