Le 21 mai 2026, lors d’une cérémonie au Palais de l’Élysée, Emmanuel Macron a exprimé son soutien à l’abrogation du « Code noir », un ensemble d’édits royaux organisant l’esclavage, qui n’a jamais été formellement abrogé. Cette déclaration a eu lieu à l’occasion du 25e anniversaire de la loi reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité. Le président a souligné que le maintien de ce texte, bien qu’il n’ait plus d’effets juridiques, constitue une « faute » et une « trahison » des valeurs républicaines.
EN BREF
- Emmanuel Macron soutient l’abrogation du Code noir, considéré comme une offense à la République.
- Le président évoque la question des réparations, tout en reconnaissant leur complexité.
- Un travail scientifique sera lancé avec le Ghana pour formuler des recommandations sur le sujet.
Aux côtés de Christiane Taubira, l’ancienne ministre de la Justice et auteure de la loi de 2001, Emmanuel Macron a qualifié ce texte de « nécessaire ». Il a demandé au gouvernement de soutenir la proposition de loi visant à abroger le Code noir, qui sera débattue à l’Assemblée nationale le 28 mai prochain. Cette abrogation a déjà été adoptée à l’unanimité en commission, marquant une avancée symbolique forte.
Christiane Taubira a également pris la parole pour rappeler la résolution adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU, soutenue par le Ghana, qui qualifie l’esclavage et la traite des Africains de « plus graves crimes contre l’humanité ». Cette position a été critiquée par la France, qui a choisi de s’abstenir, affirmant qu’elle ne souhaite pas établir de hiérarchie entre les crimes contre l’humanité. Emmanuel Macron a maintenu cette position, tout en reconnaissant la nécessité d’entendre les revendications de justice et de réparations exprimées par de nombreux pays, en particulier ceux d’Afrique et des Caraïbes.
Lors de son allocution, le président a insisté sur le fait que la question des réparations est complexe et ne peut être éludée. Il a déclaré : « C’est une question sur laquelle il ne faut pas non plus faire de fausses promesses. » Macron a reconnu que la réparation totale pour les crimes de l’esclavage est impossible à réaliser et a souligné qu’il est essentiel de traiter cette question avec honnêteté. « Vous ne pourrez pas un jour mettre un chiffre, mettre un mot qui viendrait donner un point final à cette histoire », a-t-il précisé.
Emmanuel Macron a également mentionné un travail en cours avec des historiens pour évaluer le coût de la liberté imposé par la France à Haïti, dont les résultats seront remis en décembre. Il a indiqué que réparer signifie d’abord « restaurer la juste place des faits dans l’histoire de la République », ce qui implique une éducation appropriée sur ce sujet délicat.
Le président a conclu en affirmant qu’ignorer le passé ne peut conduire à construire un avenir solide. « Si nous ne reconnaissons pas, aucune chance qu’on puisse bâtir l’avenir », a-t-il averti, s’adressant ainsi aux critiques de la droite et de l’extrême droite qui s’opposent à des gestes de repentance.
En somme, Emmanuel Macron a établi un lien entre la reconnaissance des injustices passées et la nécessité de construire une identité française inclusive, sans déni ni repli sur soi. « Il n’y a pas d’identité française, ni dans le déni de ce qui s’est fait, ni dans le refus d’avancer sur les reconnaissances ou les réparations », a-t-il martelé, insistant sur le fait que la réparation sera toujours « imparfaite ».