Fin du stationnement gratuit pour les voitures électriques : le choix controversé de Cagnes-sur-Mer

À Cagnes-sur-Mer, une ville de la Côte d’Azur dirigée depuis mars par le maire du Rassemblement national, Bryan Masson, des changements notables en matière de stationnement viennent d’être instaurés. Cette réforme, qui fait suite à des promesses de campagne, a suscité des réactions variées parmi les habitants et les usagers de véhicules électriques.

EN BREF

  • Le stationnement gratuit pour les voitures électriques a été supprimé à Cagnes-sur-Mer.
  • Cette décision vise à réduire les abus liés à la gratuité des places de stationnement.
  • Les infirmiers libéraux et aides-soignants bénéficient d’un stationnement gratuit total.

Cette mesure, entrée en vigueur le 1er juin, représente une rupture avec la tendance observée dans de nombreuses communes françaises qui encouragent l’utilisation des véhicules électriques par des politiques de stationnement avantageuses. Bryan Masson, qui a été élu dès le premier tour avec un score significatif, justifie sa décision par le besoin de réguler l’utilisation des places disponibles.

« Lorsqu’il y a la gratuité, souvent il y a des abus », explique-t-il. Le maire souligne que certains propriétaires de véhicules électriques profitaient de l’absence de restrictions pour occuper les places pendant plusieurs heures, ce qui compliquait la recherche de stationnement pour d’autres usagers.

En réponse à cette problématique, la nouvelle tarification prévoit une gratuité partielle : les véhicules électriques bénéficient d’un tarif réduit pour une demi-journée, en fonction de la zone de stationnement. Cette mesure vise à équilibrer l’accès aux places tout en continuant à encourager l’utilisation des véhicules moins polluants.

Bien que certains usagers, comme Pedro, se disent désabusés par ce changement, d’autres habitants, comme Colette, saluent la décision. « Ils occupent trop de place », déclare-t-elle en faisant référence aux voitures électriques qui restaient longtemps stationnées. Pour elle, cette réforme est une nécessité pour améliorer la rotation des véhicules.

En parallèle, Bryan Masson a introduit une mesure plus largement acceptée : la gratuité totale du stationnement pour les infirmiers libéraux et les aides-soignants. Marie-Sarah, une professionnelle de santé, témoigne de l’impact positif de cette décision sur sa pratique quotidienne. « Cela nous permet de nous concentrer sur notre travail sans le stress de chercher une place », confie-t-elle.

Cependant, cette initiative n’est pas sans critiques. Fadia Tuba et Christèle Ruiz, co-gérantes d’un réseau d’aide à domicile, estiment que leur profession mérite également d’être incluse dans les mesures de gratuité. « Nous travaillons souvent dans des zones de stationnement payant, ce qui affecte notre rentabilité », affirment-elles.

Le maire a promis d’examiner d’autres professions pour bénéficier de la gratuité, sans fournir de détails sur les délais. Ce sujet reste donc ouvert et pourrait faire l’objet de discussions futures au sein du conseil municipal.

Alors que les répercussions de cette réforme se font sentir, Cagnes-sur-Mer se positionne comme un microcosme des enjeux contemporains autour de la mobilité urbaine. La question de l’équilibre entre incitation à l’utilisation de véhicules moins polluants et gestion efficace de l’espace public demeure au cœur des préoccupations des élus et des citoyens.