Incendies dans le Var : les viticulteurs face à une facture de 60.000 euros par hectare

Ce lundi 17 août, en marge de la cérémonie de la libération de Bormes-les-Mimosas, le président Emmanuel Macron a rencontré les maires des communes touchées par les récents incendies dans le Var. Cette rencontre avait pour but d’examiner les conséquences des sinistres et d’écouter les préoccupations des élus et des habitants.

EN BREF

  • Les viticulteurs du Var font face à de lourdes pertes financières après les incendies.
  • Replanter des vignes pourrait coûter jusqu’à 60.000 euros par hectare.
  • Des mesures à long terme sont attendues pour prévenir de futurs sinistres.

Le secteur viticole est particulièrement éprouvé par la combinaison des incendies et de la sécheresse. À Correns, le domaine viticole Aspras, dirigé par Michaël Latz, ancien maire de la commune, a souffert des flammes. Dix jours après que l’incendie a été maîtrisé, il a pu évaluer l’étendue des dégâts.

Le paysage autour du domaine est désolant, avec des forêts charbonneuses et des vignes dont certaines ont pris une teinte marron. Michaël Latz ne saura qu’au printemps prochain si ses vignes sont définitivement perdues et s’il devra procéder à des replantations. Ce processus est non seulement long, mais également très coûteux : « Replanter une vigne jusqu’au moment où elle produit, ça coûte 50.000 ou 60.000 euros par hectare », confie-t-il, visiblement affecté par la situation.

Outre les coûts de replantation, les viticulteurs doivent également s’inquiéter de la qualité de leur production. Le risque d’un goût de fumée dans les vins est réel, notamment pour les vins rouges, en raison d’une réaction chimique qui peut se manifester des mois après l’incendie. « Nous avons décidé de ne pas produire de rouge cette année, pour éviter le risque de goûts de fumée qui peuvent apparaître jusqu’à 18 mois après », explique Latz, soucieux de préserver la réputation de ses vins.

Concernant les aides gouvernementales, le viticulteur se montre prudent. Il ne s’attend pas à des aides financières immédiates, estimant que les petits producteurs de la région ont davantage besoin de soutien. Cependant, il aborde avec espoir la nécessité de mettre en place des mesures de prévention à long terme. « Nous devons repenser notre approche de la forêt à l’avenir, en intégrant des espèces comme les amandiers et les oliviers dans les collines pour créer des pare-feux », propose-t-il.

L’incendie du Gros Bessillon, qui a ravagé plus de 6.000 hectares, a eu un impact direct sur près de 40 exploitations agricoles. Les viticulteurs du Var, comme Michaël Latz, se trouvent à un tournant décisif. Les décisions prises aujourd’hui influenceront non seulement leur avenir, mais également celui de leur région et de sa précieuse production viticole.