Fissures dans les maisons : un risque accru face aux dérèglements climatiques

Les fortes chaleurs et les épisodes de sécheresse prolongée mettent en péril de nombreuses habitations en France. Un phénomène inquiétant, appelé le « retrait-gonflement des argiles », touche déjà une maison sur deux. Ce phénomène se manifeste par des fissures, souvent visibles tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des logements, causées par des mouvements de terrain liés à la nature des sols argileux sur lesquels ces maisons sont construites.

EN BREF

  • Une maison sur deux en France est exposée à des fissures dues aux variations climatiques.
  • Les propriétaires sont invités à réagir dès l’apparition des premières fissures.
  • Des inquiétudes subsistent sur la construction de nouveaux logements sur des sols argileux.

Ce mercredi matin, sur RMC, Laurent Arnaud, Responsable technique du domaine bâtiment au Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, a tiré la sonnette d’alarme sur ce sujet préoccupant. Selon lui, certaines maisons peuvent atteindre une situation de « ruine de l’ouvrage » si aucune mesure préventive n’est prise. Il souligne l’importance d’observer son habitation et de réagir dès l’apparition de fissures, car ignorer ces signes pourrait aggraver la situation.

Solweig, une retraitée, témoigne de sa propre expérience. Elle a commencé à voir des fissures dans sa maison peu après l’avoir achetée, il y a six ans. « Je viens d’en découvrir que je n’avais pas encore vues. C’est arrivé avec les dernières canicules », explique-t-elle. Les fissures sont devenues de plus en plus visibles, soulevant des inquiétudes quant à la sécurité de sa maison. Avec un coût de restauration estimé à 150.000 euros, elle espère pouvoir obtenir une indemnisation de son assurance, car sa commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle.

Pourtant, tous les sinistrés ne bénéficient pas d’une telle aide. L’association Urgence maisons fissurées, qui accompagne environ 600 victimes de ce phénomène, met en lumière l’ampleur de la crise. Dominique Goldstène, vice-présidente de l’association, souligne que les changements climatiques, alternant sécheresse et pluies intenses, entraînent des mouvements de terrain qui affectent durablement les habitations.

Elle déclare : « Une chose dont on est sûr, c’est le dérèglement climatique et malheureusement ça ne va pas s’arrêter. Ceux qui ne le voient pas encore, ça va arriver cet automne. » Sa déclaration met en exergue l’urgence d’une prise de conscience collective face à ce phénomène grandissant.

En parallèle, l’association s’inquiète également de la poursuite de la construction de nouveaux logements sur des sols argileux. Dominique Goldstène avertit que ces nouvelles constructions, si elles ne tiennent pas compte de la nature des sols, pourraient également se retrouver confrontées à des fissures similaires aux maisons existantes. Ce constat soulève des interrogations sur les politiques d’urbanisme en place et sur la nécessité d’une meilleure régulation.

Il est donc essentiel pour les propriétaires de maisons construites sur des sols argileux de rester vigilants et d’adopter des solutions adaptées pour prévenir les dégâts. En se tenant informés des risques et en agissant rapidement, ils peuvent potentiellement éviter des coûts de réparation exorbitants et garantir la sécurité de leur habitation.