Le 3 octobre 2023, la France a décidé de prendre des mesures concrètes face à l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie. Douze pays, parmi lesquels figurent le Royaume-Uni, le Canada et plusieurs nations européennes, ont annoncé leur intention d’imposer des sanctions commerciales visant les colonies jugées illégales. Cette initiative répond aux violences croissantes perpétrées par les colons israéliens à l’encontre des Palestiniens.
EN BREF
- Douze pays s’engagent à sanctionner le commerce avec les colonies israéliennes.
- Jean-Noël Barrot affirme que les mesures visent à prévenir une détérioration de la situation.
- L’Autorité palestinienne salue cette initiative et appelle à des actions concrètes.
Dans un communiqué commun, les ministres des Affaires étrangères des pays concernés ont souligné la nécessité d’agir pour faire respecter le droit international. « Aujourd’hui, la France, le Royaume-Uni, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, l’Islande, la Norvège, la Pologne, le Portugal et la Suède confirment leur intention d’imposer des restrictions nationales au commerce de biens avec des colonies illégales », indiquent-ils. Ils évoquent également leur soutien à des restrictions au niveau européen, en cas de consensus.
Jean-Noël Barrot, ministre français des Transports, a précisé que l’objectif de ces sanctions est de mettre un terme au commerce avec les colonies israéliennes. « La Cisjordanie est au bord de l’explosion », a-t-il déclaré sur X, ajoutant que l’expansion des colonies constitue une violation grave du droit international. Il a également dénoncé les actes de violence commis par des colons, qui sont souvent qualifiés de terrorisme, même par les autorités israéliennes.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, a pour sa part évoqué un « nettoyage ethnique » en cours dans certaines régions de Cisjordanie, soulignant que le gouvernement israélien semble fermer les yeux sur ces agissements. Le Quai d’Orsay a également exprimé ses préoccupations face à l’absence de mesures suffisantes de la part d’Israël.
Cette déclaration conjointe a suscité des réactions variées. L’Autorité palestinienne a salué cette initiative, qualifiant cela d’« étape importante », et a demandé que les positions exprimées se traduisent rapidement par des mesures contraignantes. En revanche, des responsables israéliens ont dénoncé ces sanctions comme étant « antisémites et honteuses ». Le ministre israélien des Affaires étrangères a même annoncé la fermeture du consulat britannique à Jérusalem en réponse aux critiques.
Des mesures similaires ont déjà été prises par des pays comme l’Irlande et l’Espagne, qui ont interdit l’importation de produits en provenance des colonies israéliennes. La France, qui pousse depuis plusieurs semaines pour une décision au niveau de l’Union européenne, a choisi d’agir seule, n’ayant pas réussi à obtenir un consensus. Le Quai d’Orsay a insisté sur le fait que ces décisions ne remettent pas en cause le partenariat économique avec Israël.
Alors que les discussions sur les modalités précises de ces sanctions sont encore en cours, le Quai d’Orsay n’a pas fourni d’informations sur les produits ciblés ni sur l’impact potentiel sur les importations. L’engagement de ces douze pays pourrait marquer un tournant dans la dynamique des relations internationales concernant la question israélo-palestinienne.