Laurent Nuñez réfute les accusations de protection des groupes d’ultradroite

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fermement démenti les accusations de complicité avec des groupes d’ultradroite, suite à des incidents survenus lors de manifestations le 24 octobre dans plusieurs villes de France. En réponse aux critiques de certains députés de la gauche, notamment de La France Insoumise (LFI), Nuñez a affirmé : « On ne protège personne. »

EN BREF

  • Laurent Nuñez dément avoir protégé des groupes d’ultradroite lors des manifestations.
  • Des affrontements entre ultradroite et ultragauche ont eu lieu à Nice, Montpellier et Nancy.
  • Une enquête pour violences aggravées a été ouverte à Rouen suite à des vidéos de violences.

Lors d’un entretien accordé à RMC/BFMTV, le ministre a précisé que les forces de l’ordre avaient agi pour empêcher les affrontements entre ces deux mouvances. « Des policiers et gendarmes sont intervenus à plusieurs reprises pour disperser les groupes », a-t-il indiqué, souhaitant ainsi stopper les rumeurs qui circulaient sur une prétendue complicité. Nuñez a insisté sur le fait que la police n’a jamais collaboré avec ces groupes : « À aucun moment, ils n’ont travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes. »

Les accusations contre le gouvernement ont été renforcées par des déclarations de députés LFI, tels que Manuel Bompard et Thomas Portes. Ces derniers ont déploré la présence de « fascistes armés » dans les rues de Nice et ont suggéré que les autorités avaient facilité leur agression envers des passants. Au-delà de LFI, la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a également exprimé son indignation face à ce qu’elle considère comme une « impunité envers les mouvements d’extrême droite », dénonçant une inégalité de traitement par rapport aux manifestations lycéennes.

À Nice, la situation a été particulièrement tendue. Selon la préfecture des Alpes-Maritimes, environ une centaine de militants d’ultradroite, masqués, se sont rassemblés pour « affronter physiquement les manifestants », entraînant l’arrestation de onze individus. Dans un autre incident à Rouen, une enquête pour violences aggravées a été ouverte après la diffusion d’une vidéo montrant des militants nationalistes agressant un homme après la manifestation.

Le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois, a confirmé que des affrontements avaient eu lieu en centre-ville entre des membres de l’ultradroite et de l’ultragauche. Sur les images diffusées, on peut voir des individus masqués et cagoulés attaquer un homme à terre, tandis que des policiers interviennent pour contrôler la situation.

Laurent Nuñez a également alerté sur des appels à la violence émanant de différentes mouvances d’ultradroite, qui ont été détectés sur les réseaux sociaux. Ces groupes, désignés comme des « groupes de combat », pourraient faire l’objet de poursuites judiciaires. Le ministre a annoncé qu’il n’hésiterait pas à dissoudre ces groupes si leur comportement le justifiait et a promis des « suites judiciaires et administratives » en cas de reconstitution de ligues dissoutes.

Cette situation met en lumière les tensions croissantes entre les mouvements politiques en France et soulève des questions sur la gestion de la sécurité publique et le rôle des forces de l’ordre dans des contextes de manifestations de plus en plus violentes.