Deux élus démocrates ont exprimé leurs préoccupations concernant l’éventuelle utilisation d’outils d’intelligence artificielle par l’ancien président Donald Trump pour orienter ses décisions politiques. Dans une lettre, ils qualifient cette situation de « profondément troublante », soulignant les risques que cela représente pour la sécurité nationale des États-Unis.
EN BREF
- Des élus démocrates dénoncent l’utilisation potentielle de l’IA par Trump.
- Ils réclament la préservation des échanges de Trump avec des outils d’IA.
- Grok, l’IA créée par Musk, est au centre des préoccupations.
Les inquiétudes des élus, Jamie Raskin et Robert Garcia, s’appuient sur un article publié par le magazine Time début octobre. Selon cet article, Donald Trump aurait consulté Grok, un outil d’intelligence artificielle développé par Elon Musk, en décembre 2025. Il aurait demandé à Grok comment la population vénézuélienne pourrait réagir si les États-Unis devaient capturer leur président, Nicolas Maduro.
Grok aurait alors fourni une réponse indiquant que Maduro était un « dictateur profondément impopulaire » et que beaucoup de Vénézuéliens « célébreraient probablement sa chute ». Quelques semaines plus tard, cette hypothèse a pris forme lorsque des soldats américains ont effectivement arrêté Maduro et son épouse, Cilia Flores, à Caracas. Ils ont été transportés à New York, où ils font face à des accusations de trafic de drogue.
Les élus Raskin et Garcia mettent en lumière les implications éthiques et sécuritaires d’une telle reliance sur un chatbot. Ils soulignent que si Trump s’appuie sur les conseils d’un outil d’intelligence artificielle possédant des controverses, cela soulève des questions quant à la transparence des décisions prises au niveau gouvernemental. Ils précisent que des relations avec des outils d’IA doivent être documentées et accessibles au public, conformément aux exigences légales.
« Si le président américain se fie aux conseils politiques d’un chatbot conçu par Musk, indulgent envers Hitler et avec une prédilection pour la pédopornographie, les Américains ont le droit de savoir », affirment-ils. Cette déclaration met en exergue l’importance de la transparence et de la responsabilité dans l’utilisation de technologies avancées en politique.
En réponse à ces préoccupations, la Maison-Blanche a indiqué qu’elle conserve « tous les documents requis, conformément à la loi ». Cependant, cette affirmation n’a pas apaisé les craintes des élus, qui demandent des garanties supplémentaires sur la manière dont ces outils d’IA sont utilisés pour guider les décisions politiques. Ils insistent pour que les conversations entre Trump et ses conseillers utilisant de telles technologies soient préservées pour la postérité, un impératif selon la législation en vigueur.
Ces événements soulèvent des questions fondamentales sur la manière dont les technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle, peuvent influencer les sphères du pouvoir. Alors que le monde politique évolue vers une intégration accrue de ces outils, il est crucial de veiller à ce que leur utilisation ne compromette pas la sécurité et la démocratie.
Dans ce contexte, les élus démocrates cherchent à établir des garde-fous afin de protéger l’intégrité des processus décisionnels. L’interaction entre la technologie et la politique est un sujet qui mérite une attention soutenue, surtout dans un climat où la désinformation et les manipulations sont omniprésentes.