Depuis le 21 septembre dernier, le mouvement lycéen a engendré une forte réaction des autorités. En effet, alors que le 13 octobre, 36 enquêtes avaient été annoncées, ce chiffre a plus que doublé en un peu plus de deux semaines, atteignant désormais 83 enquêtes. Ces investigations, confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), interrogent la gestion des manifestations et les accusations de violences policières.
EN BREF
- 83 enquêtes ouvertes par l’IGPN et l’IGGN depuis le début des mobilisations lycéennes.
- Des cas de blessures graves, y compris des mutilations, sont signalés.
- Une nouvelle journée de mobilisation est prévue pour le 31 octobre.
Les plaintes émanant d’associations, de syndicats et de manifestants dénoncent les violences policières qui ont eu lieu lors des manifestations et des blocus. Des témoignages font état de blessures parfois graves, entraînant des mutilations. Parmi les 80 enquêtes attribuées à l’IGPN, vingt seraient spécifiquement relatives à des « blessures mutilantes ».
Parmi les cas tragiques, on relève celui d’un lycéen de 15 ans, qui a perdu une main à la suite d’une explosion de grenade assourdissante lors d’une manifestation à Lens, le 5 octobre. Un autre cas évoqué est celui de Maël, un lycéen de 16 ans, devenu éborgné suite à des incidents survenus lors du blocage d’un établissement à Tours. Un jeune homme de 17 ans a également subi de graves blessures à la main lors des manifestations du 17 octobre à Saint-Étienne.
Face à ces accusations, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a réagi en soulignant l’importance des enquêtes en cours et a défendu la notion d’une utilisation « proportionnée » de la force par les forces de l’ordre. Cette déclaration vise à apaiser les tensions et à rappeler que des mécanismes de contrôle sont en place.
Ce samedi 31 octobre, une nouvelle journée de mobilisation est attendue, à l’initiative des Gilets jaunes, des syndicats et des lycéens. Cet « acte III » sera surveillé de près, avec la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes pour encadrer les événements. Les rassemblements non déclarés sont formellement interdits. Le parcours proposé par les syndicats, reliant Bastille à Nation, a été refusé, incitant les organisateurs à proposer un autre itinéraire, qui a également suscité des controverses.
Cette situation met en lumière les tensions croissantes entre les forces de l’ordre et les manifestants, soulignant une période délicate pour le maintien de l’ordre public. Les enquêtes en cours devraient permettre d’éclaircir les circonstances entourant ces incidents et d’apporter des réponses aux nombreuses interrogations des citoyens.