La question d’une éventuelle collusion entre les forces de l’ordre et les militants d’extrême droite à Montpellier refait surface après les événements violents survenus lors des manifestations du samedi 24 octobre. Ce sujet, déjà sensible, alimente les débats aussi bien dans l’espace médiatique que politique, à l’approche d’un nouveau jour de mobilisation dans les rues.
EN BREF
- Des enquêtes révèlent une coopération entre policiers et militants d’ultradroite.
- Le maire de Montpellier appelle à une enquête judiciaire sur la violence constatée.
- Le procureur a ouvert une enquête pour identifier les auteurs des violences.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait initialement évoqué des affrontements entre militants d’ultradroite et d’ultragauche à Nice et Montpellier, qualifiant ces derniers de protecteurs des commerces. Toutefois, ses propos ont été nuancés deux jours plus tard, affirmant que la police ne protégeait pas les uns ou les autres. Malgré ces déclarations, des enquêtes menées par des médias comme Libération et franceinfo mettent en lumière des comportements ambigus de la part des forces de l’ordre.
Lors des manifestations, les militants d’ultradroite ont été aperçus à plusieurs endroits clés de Montpellier, notamment place de la Comédie et rue de la Loge, où des violences ont éclaté. Les vidéos montrent un militant utilisant une matraque télescopique, tandis qu’un cordon de CRS, situé à proximité, semble inactif face à ces provocations. Ce n’est qu’après que les manifestants ont réagi que les forces de l’ordre sont intervenues, procédant à des interpellations tout en laissant les militants d’ultradroite en dehors du champ d’action.
De plus, des images montrent des militants frappant des manifestants au sol, sans qu’aucune réaction ne soit observée de la part des policiers. Les violences se sont poursuivies dans l’après-midi, notamment près de l’office de tourisme de la ville, où un groupe de militants a attaqué un homme sans que les CRS n’interviennent. Ces comportements soulèvent de nombreuses questions sur l’impartialité des forces de l’ordre lors de ces événements.
Les témoignages recueillis par l’Observatoire des libertés publiques de Montpellier corroborent une observation troublante : les militants d’ultradroite semblaient circuler librement entre les manifestants et les CRS, bénéficiant d’un traitement différencié. « Le groupe se déplace entre les CRS et les manifestants, et il y a une passivité manifeste des forces de l’ordre face à leur violence », a noté une représentante de la Ligue des droits de l’homme.
Des interactions entre policiers et militants ont également été signalées, avec des CRS échangeant des signes de complicité, comme des pouces levés, lors de la manifestation. Un photographe, David Hutin, a filmé des scènes où les CRS et les militants d’ultradroite semblaient partager des sourires et des échanges amicaux, ce qui est inhabituel compte tenu des normes de sécurité habituelles.
Un autre élément inquiétant est la révélation par le média local Le Poing de messages circulant sur un groupe Telegram, dans lequel des militants d’ultradroite expriment leur satisfaction quant à cette « coopération » avec les forces de l’ordre. « Ça s’est très bien passé, bonne coopération avec les forces de l’ordre », se félicitent-ils, soulevant ainsi des interrogations sur la nature des relations entre ces groupes.
Face à cette situation, le procureur de Montpellier a annoncé l’ouverture d’une enquête pour identifier les auteurs des violences survenues lors de la manifestation, rappelant que seuls les services de sécurité intérieure peuvent légitimement user de la force. La préfecture a, pour sa part, signalé 40 interpellations, sans fournir de détails sur les motifs de celles-ci.
Ces événements à Montpellier mettent en lumière des problématiques complexes concernant le maintien de l’ordre et les relations entre les policiers et des groupes d’extrême droite. Alors que les manifestations se poursuivent, le besoin d’une enquête approfondie et impartiale est plus que jamais nécessaire pour éclaircir cette situation troublante.