Les figures des Gilets jaunes s’inquiètent d’une nouvelle mobilisation prévue en octobre

Alors que l’intersyndicale appelle à manifester le 29 septembre, des messages appelant à une mobilisation le 17 octobre circulent sur les réseaux sociaux. Ce climat de tension est exacerbé par la hausse des prix des carburants et du coût de la vie, des préoccupations qui rappellent celles qui avaient initié le mouvement des Gilets jaunes en 2018.

EN BREF

  • Des appels à manifester le 17 octobre circulent sur les réseaux sociaux.
  • Des figures historiques des Gilets jaunes expriment leur scepticisme face à un retour du mouvement.
  • La classe politique, en revanche, soutient ces mobilisations à venir.

Ce retour à la mobilisation suscite des réactions contrastées au sein de la classe politique. Fabien Roussel, député communiste, a relayé l’appel à se rassembler sur X, exhortant à « mobiliser sur les ronds-points, devant les préfectures, devant l’Élysée et les ministères ». Manuel Bompard, coordinateur de La France Insoumise (LFI), a également manifesté son soutien à la mobilisation intersyndicale du 29 septembre, tout en laissant la porte ouverte à celle du 17 octobre.

Pourtant, les figures emblématiques du mouvement des Gilets jaunes demeurent prudentes. Thierry-Paul Valette, ancien membre du mouvement, a récemment exprimé ses craintes sur RMC. Il a déclaré : « Je n’y suis absolument pas favorable. Si le mouvement devait revenir, ce serait terrible, je pense qu’il y aurait des morts. La société d’aujourd’hui n’est plus la même qu’il y a huit ans, elle s’est radicalisée. » Cette déclaration souligne une inquiétude croissante concernant les conséquences potentielles d’une nouvelle mobilisation.

Jérôme Rodrigues, devenu un symbole du mouvement après avoir été gravement blessé, a également exprimé son scepticisme. En réponse à une interrogation sur un retour des Gilets jaunes, il a affirmé : « Si c’est le cas… Il va falloir protéger nos yeux ! » Ses réflexions mettent en lumière les appréhensions qui persistent parmi les anciens militants.

Priscillia Ludosky, militante connue pour avoir lancé une pétition contre la hausse des taxes sur le carburant en 2018, a également partagé ses doutes. Elle a déclaré à BFMTV que « c’est assez compliqué de se projeter quand on ne sait pas l’ampleur que ça peut prendre ». Ludosky a souligné que de nombreux Français n’ont pas encore totalement récupéré des événements de 2018, et elle a mis en avant la difficulté logistique de mobiliser un grand nombre de personnes.

« Beaucoup de gens voient le sommet de l’iceberg, mais ce à quoi les gens ne pensent pas forcément, c’est le travail logistique. On n’improvise pas un million de personnes dans la rue en faisant des appels sur les réseaux sociaux », a-t-elle expliqué. Néanmoins, elle a conclu en affirmant que si le mouvement prenait de l’ampleur, elle serait prête à participer à des manifestations.

Pour l’heure, des figures comme Ingrid Levavasseur, Maxime Nicolle ou Éric Drouet n’ont pas encore réagi à ces appels à la mobilisation. Leur silence laisse planer une incertitude sur l’avenir du mouvement, alors que les enjeux économiques et sociaux demeurent pressants pour de nombreux Français.