Les maisons des adolescents : un soutien essentiel pour la santé mentale des jeunes

Alors que les mobilisations lycéennes se multiplient, il est crucial de mettre en lumière un dispositif qui joue un rôle fondamental dans la prise en charge de la santé mentale des jeunes : les maisons des adolescents. Actuellement, la France en compte 126, offrant un refuge aux jeunes et à leurs parents confrontés à des problématiques telles que l’anxiété, l’isolement ou la pression scolaire. À l’occasion de la journée mondiale de la santé mentale, qui se tient ce samedi 10 octobre, il convient de rappeler l’importance de ces structures.

EN BREF

  • 126 maisons des adolescents existent en France pour accompagner la jeunesse.
  • Une augmentation de 7 à 10 % des fréquentations chaque année est constatée.
  • Les jeunes peuvent accéder à ces structures sans rendez-vous ni autorisation parentale.

Charles-Edouard Notredame, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent et président de l’association nationale des maisons des adolescents, souligne que les signaux de détresse de la jeunesse sont connus depuis longtemps. La dégradation des indicateurs de santé mentale est palpable depuis près de dix ans, bien avant la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. « Nous accueillons et écoutons les inquiétudes des jeunes afin d’identifier les troubles psychiatriques et de les orienter vers la structure adéquate », précise-t-il.

À Bordeaux, la Maison des adolescents de Gironde constate chaque année l’arrivée de 7 à 10 % de jeunes supplémentaires. Dans cet établissement, les murs ornés de fresques colorées créent une ambiance accueillante pour les jeunes âgés de 11 à 25 ans. « Cela facilite leur venue, et nous offrons un espace d’accueil et d’écoute », explique Claire Guérin, directrice de la MDA de Gironde.

Cet espace est gratuit et accessible sans rendez-vous, permettant aux mineurs de s’y rendre sans autorisation parentale. L’objectif est de les accompagner, soit vers une prise en charge spécialisée, soit durant une période délicate. Charles-Edouard Notredame souligne que les parents se sentent souvent désemparés, d’autant plus que les adolescents ont tendance à ne pas aborder leurs problèmes avec eux pour éviter de les inquiéter.

Le psychiatre fait également remarquer que l’offre de soins en psychiatrie pour les enfants et adolescents n’est pas toujours claire. Dans les maisons des adolescents, l’équipe dispose d’une bonne connaissance des différentes spécialités, qu’il s’agisse de psychiatres ou de psychologues. Il est conseillé aux jeunes de consulter d’abord leur médecin généraliste.

En 2025, plus de 1 000 jeunes ont été accompagnés par la MDA de Gironde, ainsi que 600 parents, et la fréquentation continue d’augmenter chaque année. « Nous observons une hausse de 7 à 10 % par an. Le climat social actuel, anxiogène, contribue à ce mal-être », note Claire Guérin.

Les raisons de cette hausse sont également liées à l’émergence de nouveaux motifs de consultation. Les jeunes signalent de plus en plus d’agressions subies dans leur environnement familial ou social. Les interrogations concernant les choix affectifs, le genre, ainsi que l’angoisse climatique, prennent également une place croissante dans les échanges.

La première maison des adolescents a été créée en 1999 au Havre et le réseau continue de s’étendre. En Gironde, un nouveau bureau a ouvert à Libourne en juin 2026. À l’échelle nationale, les maisons des adolescents reçoivent des cas de plus en plus complexes. Cela entraîne des effets d’engorgement dans ces structures, d’où la nécessité d’un soutien durable et significatif, comme le plaide Charles-Edouard Notredame.

Ces maisons représentent un maillon essentiel dans la chaîne de soutien à la santé mentale des jeunes. Elles permettent d’offrir une écoute et une orientation précieuses, tout en reconnaissant les enjeux contemporains qui affectent la jeunesse. Leur développement et leur financement adéquat sont indispensables pour répondre aux besoins croissants de cette population vulnérable.