Un jeune homme a déposé plainte vendredi 9 octobre 2026 après avoir été blessé au visage par un coup de genou d’un policier, alors qu’il participait à une manifestation sur la place de la Bastille à Paris. Cette agression s’est produite dans un contexte de tensions croissantes entre les forces de l’ordre et les manifestants, en pleine mobilisation lycéenne.
EN BREF
- Un manifestant a porté plainte après avoir été frappé par un policier.
- Plus de 200 lycéens ont été blessés depuis le début des manifestations.
- Le ministre de l’Intérieur suspend l’usage des grenades assourdissantes.
Selon les informations rapportées par RMC, le jeune homme a subi plusieurs coups de matraque, touchant notamment le crâne et la jambe droite, avant de recevoir un coup de genou au visage qui l’a laissé sans respiration et a provoqué une perte de connaissance. Son avocat, Ilyacine Maallaoui, a exprimé son inquiétude quant à l’état de santé de son client, qui se dit désorienté et souffre de vertiges fréquents.
Le récit du plaignant inclut également des accusations d’insultes à caractère raciste et de menaces de mort. Un examen médical a révélé deux plaies du cuir chevelu nécessitant sept agrafes, ainsi qu’une douleur au tibia et au genou droit. L’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) a été saisie pour enquêter sur cet incident, ce qui soulève des questions sur la nécessité d’une enquête à la suite de la diffusion d’une vidéo de l’incident. « Est-ce qu’il y aurait eu une enquête s’il n’y avait pas eu de vidéo ? Cela doit nous interroger », a déclaré Maallaoui.
Parallèlement à cette plainte, le jeune homme a été placé en garde à vue pour participation à un attroupement et est convoqué pour être jugé en janvier 2027. Il fait également face à des accusations de violences sur des policiers, qu’il conteste. Le préfet de police de Paris a affirmé que le manifestant avait donné un coup de pied aux forces de l’ordre. L’avocat du plaignant a réagi avec indignation à cette déclaration, questionnant la légitimité de la réponse policière.
Depuis le début des manifestations lycéennes mi-septembre, un total de 24 enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN. Les violences ont fait plus de 200 blessés parmi les lycéens, ainsi que plus de 800 policiers et gendarmes. Le bilan judiciaire, communiqué par le ministère de la Justice, indique que plus de 6 800 personnes ont été placées en garde à vue, dont 86 % de mineurs.
Face à ces critiques croissantes concernant la répression policière, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a ordonné la suspension de l’usage des grenades assourdissantes lors des manifestations lycéennes. Cette décision fait suite à un incident tragique survenu lundi à Lens, où un lycéen de 15 ans a été grièvement blessé par une grenade, entraînant l’amputation de l’une de ses mains. Le parquet a déclaré que l’utilisation de cette grenade avait été conforme aux règles établies, tandis que la mère de l’adolescent a également déposé plainte.
La situation actuelle soulève de nombreuses interrogations sur les méthodes employées par les forces de l’ordre face aux manifestations étudiantes. Les témoignages des manifestants et des avocats mettent en lumière des abus potentiels, incitant les autorités à prendre des mesures pour garantir la sécurité et les droits des citoyens en situation de protestation.