La colère s’intensifie parmi les plus de 500 postiers en Gironde. Après des incendies dévastateurs ayant ravagé 42 000 hectares dans le département, plusieurs bureaux de La Poste ont été contraints de fermer pendant près d’une semaine. Bien que l’entreprise ait maintenu la rémunération de ses employés à 100 %, elle exige désormais qu’ils rattrapent une partie des heures perdues, une décision jugée injuste par les salariés.
EN BREF
- Incendies en Gironde : 500 postiers concernés par des fermetures de bureaux.
- La Poste demande aux salariés de rattraper 14 heures de travail perdues.
- Les syndicats s’opposent et prévoient un mouvement de grève en septembre.
Parmi les sites touchés, la plateforme industrielle courrier (PIC) de Cestas a fermé ses portes le samedi 25 juillet avant de rouvrir le dimanche 2 août. Cela a entraîné l’immobilisation d’environ 700 000 courriers, affectant gravement le quotidien des employés. Frédéric, un postier avec 32 ans d’expérience, exprime son incompréhension face à cette décision : « Là, ils ont été très maladroits. On ne pouvait pas aller au travail, les routes étaient fermées », déclare-t-il à RMC Story.
Les employés, dont certains ont personnellement souffert des conséquences des incendies, ressentent une grande injustice. Une postière, évacuée de son domicile, déclare : « C’est trop ! On n’a pas demandé à être évacués, à ne pas travailler ! »
La direction de La Poste a précisé que le rattrapage des heures perdues serait limité à deux jours maximum, soit 14 heures, réparties sur une période ultérieure à raison d’une heure par jour. Cela a suscité des réactions vives parmi les salariés. Johnny Perré, représentant de la CGT, souligne que cette décision pourrait avoir des répercussions sur l’organisation du travail. « Les facteurs ont déjà redistribué tout le courrier stocké, mais La Poste conserve les heures pour elle », déclare-t-il.
Le Code du travail permet effectivement, dans des cas exceptionnels, de récupérer ces heures perdues. Toutefois, cette mesure pourrait également s’appliquer à tous les salariés, même ceux qui étaient absents durant les incendies, ce qui soulève des inquiétudes parmi les employés. De plus, La Poste a affirmé que les congés posés durant cette période estivale ne seraient pas remis en cause et que personne n’était contraint de prendre des congés payés.
Face à cette situation, les syndicats demandent la mise en place d’autorisations spéciales d’absence (ASA) pour protéger les droits des salariés. Un préavis de grève a été déposé par la CGT, et un mouvement de protestation est prévu pour début septembre, afin de faire entendre la voix des postiers face à cette décision qu’ils jugent injuste.
Cette colère des salariés de La Poste en Gironde met en lumière les difficultés rencontrées par les employés dans des situations exceptionnelles. La gestion des ressources humaines en période de crise nécessite une attention particulière et une concertation avec les représentants des employés pour éviter une détérioration des relations sociales.