Les raisons du manque de surveillants de baignade en France cet été

La surveillance des lieux de baignade en France est mise à mal par un manque croissant de candidats. En effet, l’année dernière, près de 5 000 postes de surveillants de baignade restaient vacants, comme l’a signalé la Fédération française des maîtres-nageurs sauveteurs. Ce déficit est d’autant plus préoccupant que l’été 2023 a enregistré une hausse de 14 % des noyades par rapport à l’année précédente, avec 268 décès tragiques.

EN BREF

  • 5 000 postes de surveillants de baignade vacants l’année dernière en France.
  • Hausse de 14 % des noyades en 2023 par rapport à 2022.
  • Des aides à la formation proposées pour attirer les jeunes.

Malgré l’urgence d’une telle situation, le recrutement de nageurs-sauveteurs saisonniers demeure difficile. Cette année encore, des régions comme le Vaucluse peinent à constituer leurs équipes. Thibaut Bravais, directeur de l’AFSA 84, l’antenne locale de la fédération française de sauvetage et de secourisme, a exprimé son inquiétude : « C’est la première année depuis 2018 où nous avons autant de mal à trouver des personnes pour travailler tout l’été. »

Les jeunes commencent leur formation en septembre, mais les propositions d’emploi ne sont faites qu’à partir de décembre. Ainsi, alors que le mois d’avril touche à sa fin, l’AFSA 84 n’a toujours pas réussi à recruter deux surveillants pour des postes attractifs. Bravais a précisé que la situation deviendrait critique si aucune solution n’était trouvée d’ici fin mai.

Les conséquences de ce manque de personnel se font déjà sentir. L’été dernier, par exemple, la piscine de Sélestat dans le Bas-Rhin a été contrainte de fermer certains jours faute de personnel suffisant. De même, le département du Loiret a décidé de limiter l’ouverture de ses étangs à un seul site cette année.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Tout d’abord, les salaires sont jugés insuffisants pour des postes comportant une responsabilité aussi importante. Axel Lamotte, maître-nageur à la Fédération française des maîtres-nageurs sauveteurs, a souligné les coûts élevés de formation, souvent mal pris en charge par les dispositifs de financement. Cela laisse un reste à charge important pour les familles, ce qui contribue à un turn-over élevé dans la profession.

Rémi Bravais, élu à la Fédération Française de Sauvetage et de Secourisme, a également fait part de son constat : « Nous formons sans cesse des nageurs-sauveteurs, mais leur engagement ne dépasse généralement pas deux à trois saisons. » Il est important de noter que beaucoup de ces jeunes sont des étudiants, ce qui complique leur disponibilité en juin et septembre, périodes cruciales pour la surveillance.

Pour remédier à cette pénurie, certaines communes mettent en place des initiatives pour attirer les jeunes vers cette profession. À Marseille, un dispositif a été instauré en 2024 pour financer la formation au BNSSA (Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique) en échange d’un engagement de trois mois sur trois ans. Arnaud Drouot, adjoint au maire en charge du bataillon des marins-pompiers, a ainsi noté que ce programme a permis de recruter plusieurs centaines de jeunes, avec un processus de présélection suivi d’une formation.

Des efforts similaires se retrouvent dans d’autres communes, comme dans la région lyonnaise ou le Puy-de-Dôme, où des aides sont proposées pour encourager les jeunes à se former et à s’engager dans cette profession essentielle. Les enjeux de sécurité liés à la baignade sont trop importants pour être négligés, et il est impératif de trouver des solutions durables pour garantir la sécurité des baigneurs.