Restaurants : la hausse des prix inévitable face à l’augmentation des coûts des matières premières

La situation économique actuelle des restaurateurs en France suscite de vives inquiétudes. En effet, la guerre en Iran a des répercussions sur le secteur, notamment à travers l’augmentation des prix des matières premières. Ce lundi 27 avril, Franck Chaumès, président national de la branche restauration de l’Union des métiers des industries de l’hôtellerie (Umih), a alerté sur cette réalité sur RMC.

EN BREF

  • Les restaurateurs s’attendent à une hausse des prix due à l’augmentation des matières premières.
  • Plus de 70% des gérants de restaurants signalent une baisse de fréquentation depuis le début de la guerre en Iran.
  • Des solutions comme la réduction des portions sont envisagées pour éviter d’augmenter les prix.

Franck Chaumès a souligné que cette hausse tarifaire est en grande partie due aux fournisseurs qui répercutent l’augmentation des coûts du gasoil, indispensable pour les activités agricoles. Les producteurs, notamment dans le secteur laitier, font face à des coûts accrus, avec une prévision d’augmentation des prix du lait dans les semaines à venir. Le directeur de l’UFC-Que Choisir a également averti d’une hausse attendue de 4 à 5 % des prix en rayons, ce qui ne manquera pas d’affecter la restauration.

Une enquête menée par l’Umih a révélé que plus de 70 % des gérants de restaurants, cafés et hôtels ont observé une baisse de la fréquentation de leurs établissements depuis le début du conflit. Franck Chaumès a exprimé des craintes quant aux « dégâts supplémentaires » que cette situation pourrait engendrer dans le secteur. Les consommateurs, de leur côté, devront se préparer à des hausses de prix sur les cartes des restaurants.

Pour nombre de restaurateurs, la gestion de leur établissement devient un défi. « Quand vous avez une affaire à faire tourner avec du personnel, bien évidemment que s’il y a une montée de la matière première, certains seront obligés de répercuter ces prix-là », a expliqué Franck Chaumès. Toutefois, il a également assuré que les restaurateurs tentent de trouver des solutions pour éviter d’augmenter les tarifs. Parmi celles-ci, la possibilité de réduire légèrement les portions servies pourrait être envisagée.

Ce phénomène, surnommé « shrinkflation », représente une stratégie adoptée par certaines marques depuis 2024. Il consiste à réduire la quantité d’un produit tout en maintenant son prix, une approche qui pourrait donc aussi toucher le secteur de la restauration.

Les réactions des consommateurs ne tardent pas à se faire entendre. Valérie, une auditrice de RMC, a exprimé son mécontentement face à la diminution des quantités et à l’augmentation des prix, déclarant qu’elle se limite désormais à quelques établissements bien précis. Âgée de 55 ans, elle a ainsi précisé qu’elle privilégie une brasserie de village et quelques restaurants de choix, en raison de déceptions rencontrées dans d’autres établissements.

Thierry, un gestionnaire de site de e-commerce basé en Charente, partage une expérience similaire. Il préfère désormais fréquenter des restaurants qui mettent en avant des produits locaux, tout en évitant ceux qui sont trop touristiques. Cette tendance à cibler des établissements spécifiques semble se renforcer, témoignant d’une volonté des consommateurs de rechercher une qualité qui justifie le prix.

Les défis auxquels sont confrontés les restaurateurs s’inscrivent dans un contexte économique complexe, où la guerre en Iran ne fait qu’accentuer des tensions déjà existantes. Les prochaines semaines seront cruciales pour le secteur, qui devra naviguer entre l’augmentation des coûts et la satisfaction de sa clientèle.