Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a récemment présenté un ensemble de mesures destinées à renforcer la sécurité dans les activités périscolaires des écoles de la capitale. Ces annonces, faites lors d’une conférence de presse, interviennent dans un contexte où 132 agents périscolaires ont été suspendus entre janvier et juin, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes.
EN BREF
- 132 suspensions d’agents périscolaires pour des suspicions de violences cette année.
- Un plan d’action de 20 millions d’euros pour sécuriser les activités périscolaires.
- Les syndicats jugent les mesures proposées « insuffisantes ».
Emmanuel Grégoire a ainsi dévoilé un plan d’action doté de 20 millions d’euros visant à lutter contre ce phénomène jugé « systémique ». Parmi les mesures annoncées, on trouve des contrôles surprises dans les établissements, la contractualisation d’environ 2.000 agents sur une période de trois ans, ainsi qu’une formation renforcée pour le personnel, passant à six jours par an.
La ville de Paris prévoit aussi d’introduire un système de mentorat entre animateurs et la création de carnets de transmission pour favoriser les échanges entre les parents et les équipes d’animation. En parallèle, un investissement de 10 millions d’euros est prévu pour sécuriser 241 espaces sensibles, tels que les toilettes et certains lieux isolés de lecture. Enfin, la création de quinze postes dédiés à la réalisation de contrôles, y compris « inopinés », dans les écoles est également envisagée.
La filière périscolaire parisienne regroupe environ 13.500 animateurs, dont 10.000 vacataires. Emmanuel Grégoire doit également décider d’ici la fin de l’année d’une nouvelle organisation des rythmes scolaires, après consultation des conseils d’école, avec une mise en œuvre prévue pour la rentrée 2027.
Parmi les mesures phares, il a été annoncé qu’à partir de septembre prochain, aucun animateur ne devra se retrouver seul avec un enfant. Cependant, cette décision ne semble pas convaincre les syndicats d’animateurs. Nicolas Léger, secrétaire général du syndicat d’animateurs SUPAP-FSU, a exprimé ses doutes quant à la faisabilité de cette mesure, arguant que les moyens humains ne sont pas au rendez-vous. « Tout nous semble insuffisant. On ne peut pas dire : pas d’enfant seul avec un adulte, c’est tout simplement impossible », a-t-il déclaré.
Il a également souligné que les conditions actuelles ne permettent pas toujours de respecter les taux d’encadrement requis. « Régulièrement, les collègues nous appellent pour nous dire : il me manque trois animateurs, voire cinq ou sept, sur le temps du midi, de l’interclasse. Ça peut être quasiment la moitié des effectifs. Ce sont des conditions catastrophiques », a-t-il dénoncé.
Pour les syndicats, la question de la reconnaissance du métier d’animateur est tout aussi cruciale. Adam Semail, secrétaire général de la CFDT Paris, a insisté sur la nécessité de professionnaliser le secteur : « Si on veut professionnaliser le métier, alors il faut ouvrir des cours, des concours exigeants, il faut que les agents puissent bénéficier du statut de fonctionnaire ».
Concernant les contrôles surprises, bien qu’ils existent déjà, les syndicats estiment que leur multiplication pourrait constituer une mesure utile pour rassurer les parents, sans pour autant remplacer les besoins structurels fondamentaux en matière de personnel.
La situation actuelle du périscolaire à Paris soulève des questions essentielles sur l’encadrement et la sécurité des enfants dans les écoles. Alors que les annonces du maire visent à améliorer cette situation, les syndicats restent sceptiques face à la mise en œuvre de ces mesures jugées insuffisantes.