Mathilda, 25 ans, vit un enfer avec son allergie au froid

Depuis l’âge de 9 ans, Mathilda souffre d’une allergie peu commune : l’allergie au froid. Ce mal invisible, qui se manifeste par des plaques rouges et des démangeaisons, transforme des gestes quotidiens comme boire de l’eau fraîche ou se baigner dans la mer en véritables épreuves. À 25 ans, elle partage son quotidien et les défis qu’elle doit surmonter pour vivre avec cette condition handicapante.

EN BREF

  • Mathilda souffre d’une allergie au froid depuis ses 9 ans.
  • Cette condition provoque des démangeaisons et des plaques rouges au contact du froid.
  • Elle se prépare soigneusement pour affronter l’été et profiter des baignades malgré sa maladie.

Le premier épisode de cette allergie s’est produit alors que Mathilda était en vacances à Toulon. Après une baignade, elle est sortie de l’eau couverte de plaques rouges. « On ne savait pas ce que c’était à l’époque. Mon père m’a simplement mis de la pommade et cela a passé », se souvient-elle. Pourtant, les crises se sont multipliées, accompagnées de démangeaisons insupportables.

Ce n’est que deux ans plus tard qu’un dermatologue a posé le diagnostic : une allergie au froid. Bien que le médecin ait minimisé la gravité de la situation, il a averti Mathilda des dangers potentiels d’un choc anaphylactique. Ce moment de révélation a été à la fois un soulagement et une source d’angoisse pour elle.

Le traitement prescrit consiste en des antihistaminiques, qui aident à atténuer les symptômes. Marie-Sylvie Doutre, dermatologue au CHU de Bordeaux, confirme que ce type d’allergie touche principalement les jeunes adultes, bien que des cas puissent survenir chez les enfants. Les personnes avec un terrain atopique, c’est-à-dire sensibles à d’autres allergies, sont particulièrement susceptibles de développer ce type de condition.

Un quotidien compliqué

Pour Mathilda, vivre avec cette allergie est devenu une routine. « Dès que je me lave les mains à l’eau froide, ça me gratte », explique-t-elle. Elle a appris à éviter le froid, à se couvrir en hiver et à manipuler des produits surgelés avec précaution. « Je prends des précautions pour ne pas être en contact avec le froid, car sinon mes doigts gonflent et me démangent », précise-t-elle.

Étonnamment, c’est pendant l’été que Mathilda rencontre le plus de difficultés. Avant de se baigner, elle doit prendre un antihistaminique pour atténuer les démangeaisons, bien que cela ne supprime pas les rougeurs. « Le plaisir de la baignade est gâché par cette réaction allergique », confie-t-elle. Elle se rappelle d’une expérience à Marseille, où elle a oublié son médicament et a dû faire face à des démangeaisons insupportables après seulement quelques instants dans l’eau.

Les baignades dans des zones d’eau froide sont donc à proscrire. « La Bretagne, par exemple, est hors de question pour moi », dit-elle. La prudence est de mise, car les réactions peuvent varier d’une personne à l’autre et, dans certains cas, être graves. Les médecins recommandent aux patients allergiques de toujours avoir un stylo d’adrénaline à portée de main.

Un regard critique sur l’errance médicale

Cette maladie méconnue a également été source de moqueries pour Mathilda. « Les gens ne me prennent pas au sérieux, ils pensent que je fais ma frileuse », raconte-t-elle. Même les enseignants ne comprenaient pas la gravité de sa condition. Ce manque de reconnaissance a renforcé son sentiment d’isolement et de solitude face à sa maladie.

L’urticaire au froid, qui affecte environ 0,1 % de la population, est une condition rare, souvent mal comprise. Mathilda a appris à composer avec cette réalité, mais elle espère que davantage de sensibilisation et de compréhension émergeront autour de cette allergie peu commune.

À l’approche de l’été, Mathilda commence déjà à planifier ses vacances. Entre les réservations et les préparatifs, elle n’oublie pas de faire le plein d’antihistaminiques. Malgré les défis que cette allergie lui impose, elle est déterminée à profiter des plaisirs estivaux et des baignades, en prenant toutes les précautions nécessaires.