Lors du procès en appel de Nicolas Sarkozy concernant le financement libyen de sa campagne présidentielle, une nouvelle vague d’accusations a émergé. Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur et bras droit de Sarkozy, a réagi à distance, par l’intermédiaire de son avocat, en réponse aux critiques de l’ancien président. Ce dernier, empêché d’assister au procès en raison de problèmes de santé, a vu sa probité mise en doute par Sarkozy, ce qui a déclenché une riposte vigoureuse.
EN BREF
- Claude Guéant a riposté aux accusations de Nicolas Sarkozy par l’intermédiaire de son avocat.
- Sarkozy, condamné pour association de malfaiteurs, a contesté les allégations de financement libyen.
- Les tensions entre les deux hommes se sont ravivées lors de ce dernier jour d’audience.
Ce mardi, au tribunal de Paris, l’audience a pris une tournure inattendue. Après l’ouverture, Me Philippe Bouchez El Ghozi, avocat de Claude Guéant, a pris la parole pour répondre aux affirmations de Sarkozy. Ce dernier avait exprimé un certain scepticisme quant à la probité de Guéant, ce qui a provoqué une réaction immédiate de l’avocat. En deux heures de plaidoirie, il a défendu l’honneur de son client, dénonçant les « mises en cause extrêmement violentes » qui avaient causé une « profonde meurtrissure » à Guéant.
Dans une attestation écrite, l’ancien préfet a fermement rejeté les insinuations de Sarkozy, affirmant n’avoir jamais reçu ni sollicité d’argent de quiconque. « Le sous-entendre est grave », a-t-il ajouté, en réponse aux accusations de corruption qui l’entourent, notamment celles liées à une rencontre secrète avec Abdallah Senoussi, beau-frère du dictateur Mouammar Kadhafi, ainsi que la réception d’une montre de luxe et d’argent de l’intermédiaire Alexandre Djouhri.
Les tensions ont été palpables dans la salle d’audience. Nicolas Sarkozy, se sentant acculé, a tenté de défendre son intégrité tout en affirmant qu’il n’existait aucune preuve d’un financement libyen pour sa campagne. « Pourquoi raisonnez-vous par hypothèse pour Claude Guéant? », a demandé l’avocat, mettant en avant la différence de traitement entre les deux hommes. L’ancien président, nerveux, a rétorqué avec agacement : « Pardon, mais vous n’êtes pas mon avocat ».
Cette joute verbale a révélé une fracture profonde entre l’ancien président et son ancien collaborateur. Sarkozy a même exprimé une forme de tristesse face à la situation de Guéant, tout en dénonçant l’absence de loyauté de la part de celui qu’il considérait autrefois comme un « honnête homme ». « Le pouvoir présente une telle pression que certains peuvent, à un moment ou un autre, disjoncter », a-t-il formulé, suggérant que la situation actuelle de Guéant était le résultat d’une pression inouïe.
Guéant, dans son attestation, a rappelé une rencontre en juillet 2007 à Tripoli, où Kadhafi aurait évoqué le sort judiciaire de son beau-frère en présence de Sarkozy. Ce récit a été catégoriquement démenti par l’ancien président, qui a ironisé sur la mémoire sélective de Guéant. « Je suis heureux pour Claude Guéant qu’il ait retrouvé cette mémoire-là », a-t-il déclaré, soulignant l’écart entre ses souvenirs et ceux de son ancien partenaire.
Alors que le procès touche à sa fin, les tensions entre Sarkozy et Guéant semblent indéfectibles. L’ancien président a admis que sa condamnation pour association de malfaiteurs a pu influencer ses réflexions et sa stratégie de défense. « C’est trop pour moi », a-t-il lâché, laissant entendre que les répercussions de ce procès se feront sentir bien au-delà des murs du tribunal.
Les prochaines étapes de ce procès sont attendues avec impatience, tant par les observateurs politiques que par le grand public. Ce débat juridique ne fait que raviver les souvenirs d’une époque où le pouvoir et l’argent se mêlaient, et où la loyauté pouvait rapidement se transformer en trahison.