Proposition de loi pour taxer les cigarettes et lutter contre les incendies : la réaction des buralistes

Le député Les Républicains Yannick Neuder a récemment proposé de créer une taxe sur les cigarettes afin de financer la lutte contre les incendies. Cette initiative a suscité de vives réactions parmi les buralistes, qui dénoncent une « fiscalité punitive » ciblant les professionnels du secteur.

EN BREF

  • Une taxe de 15 euros pour 1.000 cigarettes vendues est proposée par un député.
  • Les buralistes critiquent cette mesure, la jugeant injuste.
  • La proposition pourrait rapporter 350 millions d’euros par an à l’État.

Yannick Neuder, ancien ministre de la Santé, a présenté une proposition de loi visant à instaurer une contribution de 15 euros pour chaque millier de cigarettes vendues, ce qui se traduirait par un coût supplémentaire d’environ 30 centimes par paquet de 20 cigarettes. L’objectif de cette mesure est clair : faire en sorte que les cigarettiers contribuent davantage à la prévention des incendies, alors que plus de 120.000 hectares de forêt ont été ravagés depuis le début de l’année.

Le député a souligné l’importance de ce fonds, qui servirait à financer l’acquisition de nouveaux équipements pour les services d’incendie, tels que des camions de pompiers. De plus, il pourrait également être utilisé pour la régénération des milieux naturels après un incendie et pour la dépollution des sols et des eaux contaminés par les mégots de cigarettes, un problème croissant en France.

Serdar Kaya, président de la Confédération des buralistes, a réagi à cette annonce, affirmant que bien qu’il reconnaisse l’urgence d’agir face aux incendies, cette taxe pénaliserait injustement les buralistes. « C’est inacceptable aujourd’hui de voir des gens jeter des cigarettes par la fenêtre », a-t-il déclaré. Toutefois, il estime que la proposition du député ne cible pas les véritables responsables des incendies.

Il a expliqué que la logique de la taxation ne résoudrait pas le problème des comportements irresponsables. « Quand quelqu’un prend l’autoroute en sens interdit, on n’attaque pas le constructeur », a-t-il illustré. Kaya met en garde contre le fait que cette taxe pourrait entraîner une hausse des prix, poussant les consommateurs vers le marché noir, où ils pourraient se procurer des cigarettes à des prix plus bas.

La proposition de loi pourrait rapporter 350 millions d’euros par an à l’État, s’ajoutant à l’éco-contribution déjà en place pour lutter contre les déchets de mégots. Loïc Josseran, président de l’alliance Contre-Feu, soutient cette initiative, la considérant comme une mesure nécessaire pour rendre l’industrie du tabac responsable de ses impacts environnementaux. « Mettre cette industrie devant ses responsabilités, c’est une très bonne chose », a-t-il déclaré, soulignant que le principe de pollueur-payeur doit s’appliquer.

Philip Morris France, leader du marché du tabac, a exprimé son désaccord avec cette nouvelle taxe. L’entreprise a déploré les comportements irresponsables qui entraînent des incendies, mais a également souligné que la taxation des fabricants ne modifierait pas les comportements individuels des fumeurs.

De son côté, le Comité national contre le tabagisme (CNCT) a soutenu la proposition du député, renforçant l’idée qu’il est impératif d’agir pour protéger l’environnement et la santé publique.

Si la proposition de loi est adoptée par le Parlement, elle pourrait entrer en vigueur en 2028, marquant un tournant dans la façon dont l’industrie du tabac est réglementée en France et sa contribution à la santé publique et à la protection de l’environnement.