Après plus de dix ans de consommation de Red Bull, un homme a décidé de porter plainte contre la célèbre marque de boisson énergisante, arguant qu’elle avait trompé ses clients avec des promesses fallacieuses. Cette affaire, qui a pris une ampleur considérable aux États-Unis, a conduit Red Bull à accepter de verser 13 millions de dollars pour mettre fin au litige, tout en niant toute faute.
EN BREF
- Un consommateur de Red Bull attaque la marque pour publicité mensongère.
- Red Bull accepte de verser 13 millions de dollars pour clore le litige.
- Les consommateurs peuvent réclamer une indemnisation sans preuve d’achat.
Le slogan emblématique « Red Bull donne des ailes » a contribué à forger l’image de la marque, associée à des athlètes de haut niveau et à des exploits sportifs. Pourtant, pour Benjamin Careathers, habitant de New York, cette promesse n’a jamais été concrétisée. En 2013, il a donc décidé de porter l’affaire devant la justice, soutenu par des avocats qui dénonçaient une publicité trompeuse.
Careathers a affirmé qu’après une décennie de consommation, il n’a constaté aucune amélioration de sa performance physique ou intellectuelle. Selon lui, la marque a induit ses clients en erreur pour justifier un prix plus élevé. D’autres consommateurs, comme David Wolf et Miguel Almarez, ont également déposé des plaintes similaires en Californie, renforçant ainsi le mouvement contre la marque.
Il est important de noter que le cœur du procès ne se résumait pas simplement à une question d’ailes. Les plaignants mettaient en avant l’absence de preuves scientifiques soutenant les allégations de Red Bull selon lesquelles sa boisson serait supérieure à d’autres sources de caféine. En réalité, une canette de 250 ml de Red Bull contient environ 80 mg de caféine, soit l’équivalent d’une tasse de café.
Les plaintes ont rapidement été regroupées devant un tribunal fédéral de New York. En juillet 2014, Red Bull a choisi de mettre fin au litige en acceptant de verser 13 millions de dollars, tout en maintenant que sa communication était honnête. Un porte-parole a précisé que cette décision visait à éviter les coûts d’un procès.
Ce type de recours collectif, connu sous le nom de « class action », permet à quelques plaignants d’agir au nom d’un plus grand nombre de consommateurs. En cas d’accord, l’indemnisation bénéficie à tous les membres du groupe, même à ceux qui n’ont pas porté plainte. En France, une procédure similaire existe, mais elle est moins fréquente et réservée à certaines structures.
Dans le cadre de cet accord, les clients américains ayant acheté des canettes de Red Bull entre le 1er janvier 2002 et le 3 octobre 2014 pouvaient réclamer une indemnisation. Chacun avait le choix entre 10 dollars en espèces ou un bon pour des produits Red Bull. Fait notable : aucune preuve d’achat n’était requise, ce qui a suscité un grand intérêt.
Lorsque l’annonce a été faite en octobre 2014, le site de demandes a été submergé, provoquant même des pannes temporaires. Les consommateurs avaient jusqu’au 2 mars 2015 pour faire leur demande, et environ deux millions de personnes ont réclamé leur part, bien plus que prévu. En conséquence, chaque demandeur a finalement reçu une somme bien inférieure à celle initialement promise.
En mai 2015, la juge fédérale Katherine Polk Failla a donné son feu vert définitif à l’accord, mais les montants ont dû être revus à la baisse. Les avocats des plaignants, prévoyant des honoraires de 4,75 millions de dollars, ont vu leur part réduite à environ 3,4 millions de dollars. Cette situation a suscité des contestations, mais elles ont été rejetées par la juge.
Plus de dix ans après le début de cette affaire, l’histoire continue de circuler sur les réseaux sociaux, souvent réduite à une formule simpliste. Pourtant, le véritable enjeu du procès réside dans les promesses non tenues concernant la caféine et les effets réels de la boisson. Une leçon pour les consommateurs sur la vigilance à avoir face à la publicité.