Ce mercredi 4 novembre, la justice française a décidé de renvoyer Mohammed Mogouchkov, l’assaillant présumé du professeur Dominique Bernard, devant une cour d’assises spéciale. Cette décision, prise par trois juges d’instruction, intervient trois ans après l’attaque djihadiste survenue à Arras, qui a causé la mort de l’enseignant et blessé trois autres personnes.
EN BREF
- Mohammed Mogouchkov renvoyé aux assises pour l’attaque de Dominique Bernard.
- Des non-lieux prononcés pour le frère et le cousin de l’assaillant.
- L’attaque a été qualifiée de minutieusement préparée par les juges.
Le parquet national antiterroriste (Pnat) a confirmé cette mise en accusation, précisant que l’ordonnance inclut des non-lieux pour le frère et le cousin de l’assaillant, également poursuivis dans cette affaire. Le ministère public a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel de cette décision.
Selon l’ordonnance dont l’AFP a eu connaissance, les juges estiment que l’attentat a été le résultat d’un « dessein préalable » et a été « minutieusement préparé ». Des éléments tels que des repérages des lieux et l’achat de couteaux ont été cités comme preuves de cette préparation. Les juges ont également souligné que l’assaillant avait choisi ses cibles pour « manifester sa haine du mode de vie occidental en général et de l’école en particulier ».
Les déclarations de Mohammed Mogouchkov lors de ses interrogatoires ont également retenu l’attention des magistrats. L’assaillant a affirmé avoir visé un enseignant afin d’atteindre « la démocratie », en se plaçant dans la continuité d’actes terroristes précédemment commis en France. Ce raisonnement montre sa volonté de frapper au cœur d’un symbole de la République française.
L’attaque du 13 octobre 2023 a profondément marqué l’opinion publique, à peine trois ans après le meurtre du professeur d’histoire Samuel Paty, survenu le 16 octobre 2020 dans les Yvelines. Dominique Bernard, âgé de 57 ans, a été attaqué à la sortie de la cité scolaire Gambetta-Carnot à Arras, où il enseignait. En l’espace de dix minutes, l’assaillant a fait un mort et trois blessés.
Avant de passer à l’acte, Mohammed Mogouchkov avait publié une vidéo d’allégeance dans laquelle il revendiquait son geste au nom de l’État islamique. Ce contexte souligne la gravité de l’acte et la détermination de l’assaillant dans la réalisation de son projet terroriste.
Dans l’attente du procès, l’avocat de la veuve de Dominique Bernard, Richard Malka, a choisi de ne pas faire de commentaire sur la décision des juges. Le renvoi aux assises constitue une étape cruciale dans le traitement judiciaire de cette affaire tragique qui a ébranlé la société française.
La suite des événements sera scrutée de près, alors que le système judiciaire s’efforce de traiter ce type d’affaire avec toute la rigueur nécessaire. L’attaque d’Arras, à l’instar de tant d’autres, pose la question de la sécurité dans les établissements scolaires et de la lutte contre la radicalisation.