Un adolescent a été blessé par un tir de lance-grenade lors d’un blocus organisé devant un lycée de Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, ce lundi. Cette scène choquante a suscité l’indignation de Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, qui a dénoncé l’intervention des forces de l’ordre contre les mobilisations lycéennes.
EN BREF
- Un adolescent blessé par un tir policier lors d’un blocus devant un lycée.
- Sophie Binet appelle à des sanctions contre la violence policière.
- La mobilisation des lycéens se poursuit en parallèle des grèves dans la fonction publique.
Ce mardi, en plein jour de grève dans la fonction publique, Sophie Binet a exprimé sa colère sur BFMTV, affirmant : « On parle d’enfants ! » Elle a critiqué la stratégie du gouvernement, arguant qu’il est inacceptable de déployer des policiers devant les établissements scolaires pour gérer des mouvements de protestation. « Il faut cesser tout de suite et répondre sur le fond à leurs revendications légitimes », a-t-elle insisté.
Les événements de lundi ont été marqués par de fortes tensions. Lors du blocus, l’adolescent a été blessé par un tir à bout portant, provoquant des blessures graves à la bouche. Une professeure présente sur les lieux a décrit la scène avec effroi : « Il s’est effondré directement. On a vu qu’il avait la bouche en sang. » L’adolescent a été hospitalisé, et son état de santé soulève des inquiétudes.
En réponse à ces événements, le parquet de Pontoise a ouvert deux enquêtes de flagrance. La première est confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), dont le rôle est d’établir les circonstances de l’utilisation de l’arme par le policier. Sophie Binet a qualifié ces événements de « violence policière » et a appelé à ce que toute la lumière soit faite, ainsi qu’à la prise des sanctions nécessaires.
Elle a également souligné que le problème réside dans les consignes données aux policiers. Selon elle, le ministre de l’Intérieur aurait ordonné aux forces de l’ordre d’empêcher tous les blocus dans les lycées. « Si les lycéens souhaitent se mobiliser, ils doivent pouvoir le faire », a-t-elle déclaré, plaidant pour que les conditions soient réunies afin qu’ils puissent exprimer leurs revendications.
Binet a conclu son intervention en affirmant qu’il est paradoxal d’enseigner la démocratie aux élèves, tout en réprimant leur droit à la manifestation : « On ne peut pas leur apprendre à l’école la démocratie et quand ils souhaitent s’exprimer dans une démocratie, leur envoyer les policiers. »
Ce mardi, la mobilisation des lycéens se poursuit en même temps que la grève dans la fonction publique. Les organisations syndicales, dont la CGT, FO, la CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et la FA-FP, organisent plus de 170 manifestations à travers le pays. Elles réclament une revalorisation des salaires des fonctionnaires et des moyens budgétaires adaptés aux missions des services publics.
À Paris, le rectorat a indiqué ce matin que « moins d’une dizaine » de lycées sur les 90 que compte la capitale faisaient l’objet d’une tentative de blocage. La situation reste donc tendue, alors que les élèves et les syndicats continuent de faire entendre leur voix.