La question des superprofits de TotalEnergies refait surface, exacerbée par la hausse des prix des carburants dans le contexte actuel du conflit au Moyen-Orient. Les bénéfices colossaux de la compagnie pétrolière française suscitent de vives réactions au sein de la classe politique et chez les commentateurs.
EN BREF
- TotalEnergies annonce 5,8 milliards de dollars de bénéfices au premier trimestre.
- Le Parti socialiste propose une surtaxe temporaire sur les profits exceptionnels.
- Baptiste des Monstiers critique les aides de l’État dont bénéficie TotalEnergies.
Mercredi dernier, TotalEnergies a dévoilé des bénéfices impressionnants de **5,8 milliards de dollars** (soit 4,96 milliards d’euros), représentant une augmentation de **51 %** par rapport à l’année précédente. Ce résultat a permis à la compagnie de distribuer un dividende en hausse de **5,9 %** à ses actionnaires, renforçant l’idée que l’entreprise profite de la situation actuelle.
Face à cette situation, le Parti socialiste a proposé la mise en place d’une surtaxe temporaire de **20 %** sur les bénéfices exceptionnels de TotalEnergies, une mesure qui pourrait rapporter près de **2 milliards d’euros**. Les responsables politiques estiment que cette taxe est justifiée au regard des profits réalisés par le groupe dans un contexte de crise économique.
En parallèle, TotalEnergies a mis en avant son initiative de **plafonnement des prix à la pompe**, qu’elle considère comme un effort en faveur du pouvoir d’achat des Français. Le groupe a d’ailleurs confirmé qu’il maintiendrait ce plafonnement tant que la crise perdurerait, une annonce qui a suscité des réactions mitigées.
Baptiste des Monstiers, journaliste et chroniqueur, a exprimé son scepticisme face à cette démarche. Dans une intervention sur Estelle Midi, il a déclaré : « Est-ce qu’il faut considérer que Total fait un geste pour les Français en plafonnant ses tarifs à la pompe ? (…) Non, en réalité, ils font tellement de volume qu’ils font moins de marge. » Pour lui, la stratégie de TotalEnergies s’inscrit davantage dans une logique commerciale que philanthropique.
Des Monstiers a également souligné que TotalEnergies bénéficie de nombreuses aides directes et indirectes de l’État français. Il a cité des dispositifs tels que le **crédit d’impôt recherche**, les subventions en lien avec la transition énergétique, ainsi que certaines exonérations fiscales. Il a ainsi mis en lumière les « niches fiscales brunes », en mentionnant notamment le kérosène qui n’est pas taxé.
Tout en évitant de qualifier directement le groupe de « profiteur de crise », il a appelé à une remise en question des perceptions entourant TotalEnergies. « On ne peut pas (…) oublier qu’ils ont beaucoup d’aides et qu’à un moment donné, redistribuer, ça n’est pas juste faire une petite opération promotionnelle à la pompe », a-t-il affirmé.
Pour Baptiste des Monstiers, il est essentiel de relativiser les efforts consentis par TotalEnergies. « Si tout le monde est content », a-t-il ajouté, « alors on peut leur prendre un peu plus d’oseille. » Cette déclaration soulève des interrogations sur le véritable rôle de TotalEnergies dans cette crise, entre opportunisme commercial et responsabilité sociale.
Avec la montée des prix des carburants et les bénéfices records réalisés par TotalEnergies, le débat sur les superprofits et la taxation des entreprises devient de plus en plus pressant. L’opinion publique et la classe politique semblent en désaccord sur la meilleure approche pour gérer cette situation, et la question des aides de l’État à des entreprises comme TotalEnergies reste au cœur des préoccupations.