Une mission scientifique a débuté à Ushuaïa, en Terre de Feu, avec pour objectif de traquer d’éventuels rongeurs vecteurs d’hantavirus. Cette initiative fait suite à un foyer d’infection survenu à bord du navire de croisière Hondius, qui a causé trois décès de passagers. Le « patient zéro », un Néerlandais, avait séjourné pendant 48 heures à Ushuaïa avant d’embarquer.
EN BREF
- Des scientifiques analysent les rongeurs d’Ushuaïa pour détecter le hantavirus.
- Une mission lancée après un foyer d’infection à bord d’un navire de croisière.
- Les autorités locales cherchent à rassurer sur l’absence de ce virus dans la région.
Les biologistes, venus de Buenos Aires, ont commencé à disperser des pièges à divers endroits, principalement dans le Parc national de la Terre de Feu, qui s’étend sur 70 000 hectares. Au total, jusqu’à 150 pièges seront installés afin de capturer des rongeurs suspects. L’objectif est de déterminer si ces animaux portent la souche « Andes » du virus, qui est transmissible de l’homme à l’homme. À ce jour, cette souche n’a pas été détectée dans la province, contrairement à d’autres régions plus au nord, comme Rio Negro ou Chubut.
La capture des rongeurs se fait de nuit, car ces animaux ont des habitudes nocturnes. Une fois piégés, des échantillons de sang et de tissus seront prélevés dans un centre de traitement conforme aux normes de biosécurité. Les résultats des tests sont attendus dans un délai de quatre semaines.
Le colilargo, un rongeur de 6 à 8 centimètres de longueur, est au cœur de cette étude. Il pourrait s’agir soit d’Oligoryzomys longicaudatus, soit d’une sous-espèce, Oligoryzomys magellanicus. La distinction entre ces deux espèces fait l’objet de débats parmi les scientifiques locaux. Juan Petrina, responsable des services d’épidémiologie de la province, souligne que l’important est de déterminer si l’un d’eux est porteur du virus.
La mission a pris une dimension particulière suite aux événements tragiques sur le navire. Les autorités de Terre de Feu tentent de dissiper les doutes concernant une possible infection locale. Elles insistent sur le fait qu’aucun cas d’hantavirus n’a été signalé dans la province depuis 30 ans. Les scientifiques locaux partagent cette position. Guillermo DeFerrari, biologiste au Centre austral d’investigations scientifiques (CADIC), a déclaré que cette mission est une opportunité d’évaluer le risque potentiel des rongeurs de la région.
Pour Sebastian Poljak, un autre expert, cette étude pourrait également contribuer à apaiser les craintes et à « éradiquer définitivement l’idée qu’il y a de l’hantavirus ici ». Il rappelle que la Terre de Feu, séparée du continent par le détroit de Magellan, présente un écosystème isolé, limitant les interactions avec d’autres populations de rongeurs.
Les autorités locales espèrent que les résultats de cette mission permettront de confirmer l’absence d’hantavirus dans la région, ce qui serait un soulagement pour le secteur touristique. Ushuaïa, bien que calme en ce début d’hiver, attire chaque année jusqu’à 200 000 visiteurs lors de la saison des croisières, qui s’étend de septembre à avril.
Malgré l’inquiétude soulevée par les récents événements, les habitants d’Ushuaïa semblent sereins. Juan Cores, un employé du « Train du Bout du Monde », a affirmé : « Zéro inquiétude ! Nous qui vivons à Ushuaïa ne sommes pas inquiets, car nous savons qu’il n’y a jamais eu d’hantavirus ici, et les touristes ne posent même pas de questions. »
Cette mission scientifique représente donc un enjeu crucial pour la santé publique et pour l’image de cette destination prisée, alors que les résultats des analyses devraient permettre de clarifier la situation dans les semaines à venir.