Un médecin généraliste, exerçant au Loroux-Bottereau dans la Loire-Atlantique, est actuellement sous le feu des accusations de plusieurs femmes, qui lui reprochent des violences sexuelles allant du viol aux agressions sexuelles, et ce depuis les années 1980 jusqu’à la fin des années 2010. Ces accusations, qui portent sur une période de plus de trente ans, mettent en lumière des abus graves au sein du milieu médical.
EN BREF
- Un médecin généraliste du Loroux-Bottereau est accusé d’agressions sexuelles.
- Les faits se seraient produits de 1980 à 2010, touchant des patientes de tous âges.
- Un collectif de victimes a été créé pour faire avancer la justice.
Les témoignages des victimes révèlent un schéma inquiétant. Mathilde, l’une d’entre elles, a partagé son expérience : « Dès ma première consultation, il m’a fait un toucher vaginal ». Ce que, pour elle, représentait une consultation médicale s’est transformé en un moment de profonde détresse. Sandy, une autre victime, confirme avoir subi des touchers inappropriés, décrivant comment le praticien semblait éprouver un plaisir malsain lors des actes. « Quand il me met le speculum, son regard et son petit sourire en coin m’ont donné envie de vomir », témoigne-t-elle.
Face à ces abus, Mathilde et Sandy ont décidé de se regrouper et de fonder le collectif des victimes d’un médecin du Loroux-Bottereau en octobre 2025. Leur objectif est de recueillir des témoignages et de faire avancer une justice souvent perçue comme lente. Huit mois après sa création, le collectif a réussi à rassembler les récits de 45 femmes, dont certaines étaient encore enfants lors des faits. « On espère vraiment que la justice va s’activer afin de pouvoir bientôt mettre une date d’audience », déclare Mathilde.
Un juge d’instruction a été saisi des faits dès janvier 2020, mais le dossier est toujours en cours d’instruction, comme l’a confirmé le procureur de Nantes. En attendant, le médecin a été interdit d’exercer en cabinet, bien qu’il conserve une activité en téléconsultation et continue de travailler pour le SAMU, ce qui suscite l’inquiétude parmi ses anciennes patientes.
Il est à noter que le médecin en question n’est pas un praticien salarié au CHU de Nantes, mais exerce en tant que médecin libéral. Le Conseil de l’Ordre des médecins de Loire-Atlantique est informé depuis longtemps des allégations portées contre lui. En 2004, Mathilde avait déjà signalé les abus au Conseil, mais elle a été confrontée à une réaction déconcertante. « Ils m’ont dit qu’il fallait que je l’excuse car il avait fait trop de colloques sur la sexologie », se remémore-t-elle. Cette réponse a été pour elle une seconde violence, aggravant un trauma déjà profond.
Alors que la situation se développe, l’espoir des victimes réside dans une prise de conscience accrue et une justice qui pourrait enfin entendre leur douleur. La lutte pour la reconnaissance des abus sexuels dans le milieu médical est loin d’être terminée, mais le collectif de victimes semble déterminé à faire entendre sa voix.
La gravité de ces accusations souligne la nécessité de mesures de protection pour les patientes et d’une vigilance accrue envers les praticiens. Les récits de Mathilde et Sandy rappellent l’importance de mettre en lumière ces abus pour protéger les plus vulnérables.