Une étude récente menée aux États-Unis révèle que la vaccination contre le zona pourrait offrir une protection inattendue contre la démence. En effet, les résultats suggèrent que les personnes âgées ayant reçu le vaccin Shingrix présentent un risque réduit de développer cette maladie neurodégénérative.
EN BREF
- Le vaccin Shingrix réduit le risque de démence chez les seniors.
- Une étude américaine a suivi plus de 500 000 personnes âgées.
- Le vaccin est remboursé en France pour les plus de 50 ans.
Le zona, causé par le virus de la varicelle, peut réapparaître des années après l’infection initiale, entraînant des complications douloureuses. Les résultats de cette étude, publiés dans la revue Annals of Internal Medicine, offrent un nouvel espoir pour les personnes âgées, surtout à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer.
Cette vaste enquête a porté sur 509 926 adultes d’au moins 66 ans, admis entre 2017 et 2022 dans plus de 5 500 établissements de soins aux États-Unis. Parmi eux, près de 9 000 avaient été vaccinés contre le zona durant leur séjour. Les chercheurs ont observé que, quatre ans après la vaccination, le risque de démence était significativement plus faible chez les vaccinés : 18,8 % par rapport à 24,6 % chez ceux qui n’avaient pas reçu le vaccin.
Kaley Hayes, professeure adjointe à l’École de santé publique de l’Université Brown et co-auteure de l’étude, souligne qu’il s’agit d’une avancée importante. Bien que d’autres recherches antérieures aient suggéré un lien entre la vaccination contre le zona et la prévention de la démence, cette étude se concentre spécifiquement sur le vaccin Shingrix, qui est le plus récent et le plus recommandé en France.
Shingrix, développé par GlaxoSmithKline, est administré en deux doses, généralement espacées de deux mois. Contrairement à son prédécesseur ZOSTAVAX, ce vaccin ne peut pas provoquer le zona, car il contient une protéine du virus et un adjuvant qui stimule la réponse immunitaire.
En France, Shingrix est remboursé à 65 % pour les adultes de plus de 50 ans et pour ceux de plus de 18 ans présentant un risque accru de zona. La part restante peut être couverte par les mutuelles, rendant ce vaccin accessible à un large public.
Les implications de cette recherche sont vastes. Elle soulève des interrogations sur le lien entre les infections virales et les troubles cognitifs. Les scientifiques continuent d’explorer comment la prévention de certaines infections pourrait avoir un impact positif sur la santé cognitive des personnes âgées. La professeure Hayes évoque les potentielles relations entre inflammation, infections et développement de maladies neurodégénératives.
Cette étude ouvre la voie à de nouvelles pistes de recherche sur le rôle des vaccins dans la protection contre des maladies telles qu’Alzheimer. En effet, bien que les mécanismes exacts ne soient pas encore entièrement compris, ces résultats renforcent l’importance de poursuivre les investigations sur les effets neuroprotecteurs des vaccins.
Pour conclure, le vaccin Shingrix pourrait bien être un atout précieux non seulement pour réduire le risque de zona, mais également pour protéger les fonctions cognitives des personnes âgées. Les résultats de cette étude incitent à une réflexion approfondie sur l’importance des vaccinations dans le cadre de la santé des seniors.