Depuis l’émergence de la pandémie de Covid-19, la quête d’un vaccin capable de protéger contre tous les coronavirus s’intensifie. Dans ce contexte, une équipe de chercheurs britanniques a réalisé un pas significatif en testant, pour la première fois sur des humains, un vaccin universel conçu avec l’assistance de l’intelligence artificielle. Bien que les premiers résultats soient optimistes en termes de sécurité, l’efficacité de ce vaccin reste à évaluer.
EN BREF
- Un vaccin universel, pEVAC-PS, testé pour la première fois chez l’humain.
- Conception assistée par IA pour cibler les sarbecovirus, dont le SARS-CoV-2.
- Résultats initiaux prometteurs mais efficacité encore à prouver.
Contrairement aux vaccins traditionnels qui visent un virus ou un variant spécifique, ce candidat, dénommé pEVAC-PS, se concentre sur une famille entière de coronavirus, les sarbecovirus. Ce groupe inclut le SARS-CoV-1, responsable de l’épidémie de SRAS en 2003, et le SARS-CoV-2, ainsi que plusieurs coronavirus présents chez les chauves-souris et susceptibles de provoquer de futures pandémies.
Pour développer ce vaccin, les chercheurs ont recouru à des outils d’intelligence artificielle afin d’analyser les séquences génétiques de tous les sarbecovirus connus. L’objectif était d’identifier les régions les plus stables de ces virus, en vue de créer un vaccin offrant une protection plus large que les produits actuels.
Ce vaccin a été étudié dans le cadre d’un essai clinique de phase I, impliquant 39 volontaires en bonne santé, âgés de 18 à 50 ans. Les participants ont reçu deux doses du vaccin, administrées sans aiguille, grâce à un injecteur à jet appliqué sur la peau.
Les résultats préliminaires suggèrent une bonne sécurité du vaccin : aucun effet indésirable grave n’a été noté, et la plupart des réactions rapportées étaient légères ou modérées. Toutefois, la réponse immunitaire observée est plus faible que prévu. Bien qu’une production d’anticorps ait été constatée, avec une légère activité neutralisante contre certains variants comme Delta et Omicron BA.1, les niveaux d’anticorps demeurent insuffisants pour garantir une réelle efficacité protectrice.
Les experts soulignent que la majorité des volontaires avaient déjà reçu des vaccins contre le Covid-19 et avaient probablement été exposés au virus durant les vagues d’Omicron. Ce facteur complique l’évaluation des performances du nouveau vaccin.
Cette étude constitue avant tout une preuve de concept. Elle démontre que la stratégie est réalisable et que le vaccin semble bien toléré, mais il est encore trop tôt pour déterminer s’il sera efficace contre de futurs coronavirus, surtout chez des personnes peu ou pas immunisées.
L’intelligence artificielle n’est pas un substitut aux chercheurs, mais un outil facilitant l’identification des meilleures cibles vaccinales. En repérant des régions du virus qui évoluent peu, l’IA pourrait permettre de concevoir des vaccins moins sensibles à l’émergence de nouveaux variants.
Les chercheurs espèrent ainsi éviter le cycle de mise à jour des vaccins à chaque nouvelle vague épidémique. Toutefois, avant une éventuelle commercialisation, plusieurs étapes doivent être franchies : des essais cliniques de phases II et III doivent confirmer l’efficacité du vaccin sur un plus grand nombre de participants, dans des populations plus diverses.
Bien que cette avancée soit prometteuse, il est précisé qu’un vaccin universel contre les coronavirus ne sera pas disponible dans un avenir proche. Les spécialistes rappellent que le processus complet de développement d’un vaccin, depuis les premiers essais jusqu’à l’autorisation des autorités sanitaires, prend généralement entre cinq et dix ans.
En parallèle, d’autres approches sont également étudiées, telles que des vaccins administrés par voie nasale ou des traitements ciblant directement les cellules humaines utilisées par les coronavirus pour pénétrer dans l’organisme. Ces différentes stratégies pourraient, à terme, renforcer l’arsenal destiné à prévenir les futures pandémies.
Qu’est-ce qu’un vaccin universel contre les coronavirus ? Il s’agit d’un vaccin conçu pour protéger contre plusieurs coronavirus, y compris certains qui n’ont pas encore infecté l’humain.
Ce vaccin est-il déjà disponible ? Non, il est encore en phase de développement clinique et doit être évalué lors d’essais plus larges.
L’intelligence artificielle crée-t-elle les vaccins ? Non, elle aide les chercheurs à identifier les meilleures cibles biologiques pour concevoir des vaccins potentiellement plus efficaces.