Visite d’Édouard Geffray au lycée des Iris : une rencontre sans dialogue avec les élèves

Ce jeudi, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a effectué une visite au lycée des Iris à Lormont, près de Bordeaux, une semaine après des actes de vandalisme ayant causé des dégradations lourdes dans l’établissement. Bien que le ministre ait exprimé sa gratitude envers le personnel pour avoir évité des blessures durant l’attaque, il n’a pas échangé directement avec les élèves.

EN BREF

  • Édouard Geffray a visité le lycée des Iris après des dégradations importantes.
  • Le proviseur souligne que les dégradations ne sont pas le fait des élèves.
  • Les élèves du lycée Elie-Faure ont tenté d’attirer l’attention du ministre sans succès.

Lors de cette visite, le ministre a salué le travail des enseignants et du personnel administratif, affirmant qu’ils avaient réussi à éviter des blessures graves et à préserver certains matériels. Les dégradations, estimées à 150 000 euros, sont survenues dans le cadre d’une mobilisation lycéenne. Le proviseur, Thierry Malewicz, a précisé que les dégradations étaient le fait d’une minorité et que les revendications des élèves avaient été prises en compte.

Geffray a insisté sur l’importance d’un dialogue constructif, soulignant que celui-ci se tenait à divers niveaux : dans les établissements scolaires, au sein des instances académiques, et avec les élus lycéens. Toutefois, il n’a pas rencontré d’élèves lors de sa visite au lycée des Iris, une omission qui a suscité des critiques. « Les gens qui font ça, ce sont des criminels », a-t-il déclaré en référence aux actes de vandalisme.

Parallèlement, un incident s’est produit au lycée des Métiers La Ruche à Bordeaux, où des poubelles ont été incendiées, entraînant des dégâts sur la façade de l’établissement. Isabelle Polidano, la chef d’établissement, a exprimé son désarroi face à la situation : « Ce n’est pas facile, on subit des choses et on essaie tellement de porter nos établissements. » Ce lycée avait été fermé en raison des tensions, contrairement au lycée des Iris, qui est resté ouvert malgré des appels à la violence sur les réseaux sociaux.

Dans les jours précédents, les élèves du lycée Elie-Faure, situé à proximité, ont tenté d’attirer l’attention du ministre. Cependant, des forces de l’ordre ont empêché toute interaction. « Ils manifestaient peut-être pour la première fois et on les a vraiment complètement invisibilisés », a déclaré Maëlle, enseignante en histoire-géographie. Les enseignants ont insisté sur le fait que la mobilisation avait été pacifique, sans débordements.

François, enseignant en sciences économiques et sociales, a exprimé son mécontentement face à la présence massive des forces de l’ordre lors de la visite du ministre, déclarant : « Je ne sais pas combien de forces de l’ordre ont pu être mobilisées juste pour que monsieur le ministre vienne voir les quelques dégâts matériels. » Il a également souligné que les problèmes rencontrés par les élèves et le personnel ne sont pas récents, mais résultent d’une politique gouvernementale qui, selon lui, a engendré un climat de mécontentement.

Pourtant, le cabinet du ministre a indiqué qu’il avait rencontré des élèves lors d’une visite antérieure au lycée des Graves à Gradignan, soulignant un engagement à dialoguer avec les jeunes. Cela pose la question de la pertinence d’un dialogue direct dans des moments de crise, et de la manière dont le gouvernement souhaite gérer les revendications des lycéens à l’avenir.