Gadi Eisenkot, ancien général de Tsahal, se positionne comme le principal adversaire de Benjamin Netanyahu lors des élections législatives qui se déroulent ce mardi 27 octobre en Israël. Ces élections, les premières depuis les attentats islamistes du 7 octobre 2023 et les violences en cours dans la bande de Gaza, se présentent comme un enjeu crucial pour l’avenir du pays. Eisenkot, en quête d’un changement de cap, espère remporter le scrutin et inciter Netanyahu à se retirer de la vie politique.
EN BREF
- Gadi Eisenkot se présente comme l’anti-Netanyahu aux élections israéliennes.
- Il promet une enquête sur la gestion du gouvernement lors des attentats du 7 octobre.
- Les résultats de ce scrutin pourraient remodeler la scène politique israélienne.
Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de Tsahal, a passé 41 ans dans l’armée israélienne. Il a été élu pour la première fois en tant que député en 2022, et son parti, Yashar, a été fondé récemment en 2025. Bien qu’il partage certaines positions avec Netanyahu, notamment sur la question palestinienne et la colonisation en Cisjordanie, son approche se veut différente. Eisenkot se décrit comme le candidat capable de « sauver Israël » en mettant fin à la fracture politique qui affecte le pays.
Dans une campagne marquée par un style plus sobre que celui de Netanyahu, Gadi Eisenkot s’est efforcé de se présenter comme un homme de responsabilité. Sa communication, souvent laconique, contraste avec les discours flamboyants de son prédécesseur. Ce choix stratégique semble séduire une partie de l’électorat, particulièrement la classe moyenne, qui recherche une figure rassurante et stable.
« Il existe en Israël un vaste camp dont l’objectif principal, lors des prochaines élections, est simplement que les choses se calment », affirme Tal Elovits, chercheur au centre de réflexion israélien Molad. Ce besoin de sérénité pourrait constituer un atout pour Eisenkot.
Au cœur de sa campagne, l’ancien général a promis d’établir une commission d’enquête indépendante pour examiner les actions du gouvernement au lendemain des attentats, une proposition que Netanyahu a toujours rejetée. En insistant sur ce point, Eisenkot espère renforcer l’idée d’une gouvernance responsable et transparente.
Personnellement touché par le conflit, avec la perte de son fils et de deux neveux, Eisenkot s’engage également à mettre un terme à l’exemption de service militaire pour les juifs ultraorthodoxes, un sujet sensible en Israël. Toutefois, il reste ferme sur sa position concernant la solution à deux États, estimant que Netanyahu, malgré son discours, a des tendances plus pro-palestiniennes.
La question de la colonisation en Cisjordanie a également refait surface durant cette campagne. Eisenkot a dénoncé le « terrorisme juif » et a appelé à une répression des violences en Cisjordanie, tout en affirmant sa conviction dans la légitimité de la colonisation, à condition qu’elle respecte les intérêts sécuritaires d’Israël.
Les élections de ce mardi revêtent un caractère incertain, le mode de scrutin proportionnel et le seuil d’entrée relativement bas au Parlement rendant le paysage politique fluide. Benjamin Netanyahu, dont le parti Likoud a remporté la majorité lors des précédentes élections avec 32 sièges, pourrait être confronté à une opposition plus fragmentée.
Les sondages prévoient un résultat serré entre les deux blocs principaux, avec une forte probabilité d’un parlement éclaté. Les partis arabes israéliens, qui pourraient obtenir entre 12 et 15 sièges, pourraient jouer un rôle déterminant, bien que ni Netanyahu ni Eisenkot ne semblent ouverts à des alliances avec eux.
Les résultats de ce scrutin permettront de clarifier l’avenir politique d’Israël, mais il est probable que la formation d’un nouveau gouvernement nécessite du temps et des concessions. Le pays se trouve à un tournant, et le choix des électeurs ce mardi 27 octobre pourrait en dessiner les contours pour les années à venir.