Marie Portolano relaxée après des accusations de diffamation portées par Pierre Ménès

Le tribunal judiciaire de Paris a rendu son verdict ce mercredi 4 novembre, relaxant la journaliste Marie Portolano dans une affaire de diffamation l’opposant à l’ancien journaliste sportif Pierre Ménès. Cette décision, qualifiée de « procédure bâillon » par certains, met un terme à un procès qui a suscité de vives réactions.

EN BREF

  • Marie Portolano a été relaxée par le tribunal judiciaire de Paris.
  • Les accusations portées par Pierre Ménès concernent des passages de son livre sur le sexisme au sein de Canal+.
  • Un nouveau procès pour agression sexuelle contre Ménès est prévu le 16 novembre.

Marie Portolano, actuelle présentatrice des Maternelles, a été poursuivie pour diffamation suite à la publication de son livre Je suis la femme du plateau, sorti en 2024. Dans cet ouvrage, elle aborde le sexisme régnant au sein du service des sports de Canal+, notamment en évoquant une agression sexuelle qu’elle aurait subie de la part de Pierre Ménès en 2016.

Les faits reprochés à Pierre Ménès incluent des passages du livre où Portolano affirme qu’il bénéficiait d’un « droit de cuissage », insinuant qu’il avait la possibilité de toucher les femmes autour de lui sans leur consentement. Cela a profondément affecté la carrière de l’ancien chroniqueur, qui a exprimé son indignation face à ces accusations, affirmant qu’elles avaient « brisé [sa] carrière ». Sa plainte en diffamation visait spécifiquement deux passages du livre, dont l’un décrit ces comportements inappropriés.

Lors de l’audience en septembre, Pierre Ménès n’avait pas pu se présenter pour des raisons de santé, laissant Marie Portolano défendre ses écrits. Elle avait alors déclaré être « surprise » par la plainte et avait affirmé qu’elle n’avait pas l’intention d’accabler son agresseur présumé, mais plutôt de pointer du doigt « les vrais coupables », à savoir ceux qui ont laissé faire de tels comportements. Le procureur avait alors conclu que Portolano était « de bonne foi » dans ses propos.

Après le jugement, l’avocat de Marie Portolano, Christophe Bigot, a exprimé sa satisfaction quant à la relaxe, la qualifiant de « décision satisfaisante ». Il a également critiqué Pierre Ménès, l’accusant d’avoir tenté d’inverser les rôles dans cette affaire, qui présente des caractéristiques d’un « contre-feu malsain ». Ce procès n’est pas sans conséquence pour Ménès, qui doit désormais se préparer à un nouveau procès le 16 novembre prochain pour des faits d’agression sexuelle envers Portolano, une affaire qui avait été ouverte d’office par le tribunal correctionnel de Nanterre en 2022.

Si la justice lui donnait tort lors de ce prochain procès, ce serait le troisième revers consécutif pour Pierre Ménès face aux tribunaux. En effet, avant cette décision, il avait déjà été condamné en octobre à deux mois de prison avec sursis pour agression sexuelle sur une vendeuse d’une boutique parisienne.

Ce nouvel épisode judiciaire met en lumière les tensions persistantes autour des questions de sexisme et de comportement inapproprié dans le milieu du journalisme sportif. La décision de relaxe de Marie Portolano pourrait bien être perçue comme un tournant dans la lutte contre le sexisme dans le secteur, alors que d’autres voix commencent à se faire entendre sur ces sujets sensibles.