Le Conseil d’État a rendu sa décision ce mercredi 29 avril 2026, enjoignant Brice Hortefeux à quitter son siège au conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes. Cette obligation fait suite à sa condamnation pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen, prononcée le 26 septembre 2025.
EN BREF
- Brice Hortefeux doit quitter le conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes.
- Il a été condamné à deux ans de prison et cinq ans d’inéligibilité.
- Un appel de sa condamnation a été rejeté par le Conseil d’État.
Brice Hortefeux, ancien ministre de l’Intérieur sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a vu son appel contre sa condamnation rejeté par la plus haute juridiction administrative. Il est désormais inéligible, ce qui entraîne la perte de toutes ses fonctions politiques. Cette situation découle de son implication dans le dossier du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime de Mouammar Kadhafi.
Âgé de 67 ans, M. Hortefeux a été condamné à une peine de deux ans de prison ainsi qu’à une période de cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire. Cette décision, qualifiée d’« infondée » par ses avocats, a été confirmée par le Conseil d’État. Le conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes avait déjà pris des mesures en novembre dernier en actant un « arrêté de démission d’office » à son encontre suite à sa première condamnation.
Dans une déclaration faite le 1er mai à France 3, Brice Hortefeux a souligné que l’application de cette décision était « quasi mécanique » et qu’il s’y attendait. Il a également précisé qu’il avait renoncé volontairement à ses indemnités d’élu, continuant à exercer son mandat à titre bénévole. « J’ai agi dans le respect des règles », a-t-il affirmé.
En parallèle de cette inéligibilité, M. Hortefeux a également dû abandonner son poste de président du syndicat mixte de l’aéroport de Clermont-Ferrand Auvergne. Dans ce rôle, il ne percevait déjà plus d’indemnités depuis sa condamnation. Son procès en appel, qui se tiendra jusqu’à la fin mai, pourrait apporter de nouveaux éléments en faveur de son innocence, qu’il proclame depuis le début.
« C’est l’association de malfaiteurs que je conteste », a-t-il expliqué. « Ce qui est établi, c’est qu’il n’y a pas d’enrichissement, c’est un élément majeur. » Les résultats de cette procédure sont attendus pour l’automne 2026, laissant un flou sur l’avenir politique de l’ancien ministre.
Brice Hortefeux se retrouve donc dans une situation délicate, où les conséquences de sa condamnation pèsent lourdement sur sa carrière politique déjà compromise. Alors que le climat politique en France reste tendu, cette affaire souligne les défis auxquels font face les élus en matière d’intégrité et de responsabilité.