Les banquets du Canon français, événements festifs visant à promouvoir le terroir, se retrouvent au cœur d’une vive controverse politique. Ces dernières semaines, l’organisation a été accusée de comportements racistes lors de ses célébrations, notamment à cause d’un reportage d’un journaliste de France Inter. Ce dernier a rapporté avoir été témoin de gestes similaires à des saluts nazis, ce qui a provoqué une onde de choc au sein de l’organisation.
EN BREF
- Le Canon français est accusé de racisme après des incidents lors de ses banquets.
- Les co-fondateurs subissent des menaces de mort suite à ces accusations.
- Le ministre de l’Intérieur juge que ces événements ne présentent pas de risque pour l’ordre public.
Les co-fondateurs de l’événement, Géraud de la Tour et Pierre-Alexandre de Boisse, ont exprimé leur inquiétude face à la gravité de la situation. Dans une intervention sur RMC, Géraud de la Tour a révélé avoir reçu des centaines de messages de menaces de mort, précisant que des fournisseurs et des artistes impliqués dans les banquets sont également visés. Il a cité des exemples de menaces explicites telles que « On va vous brûler au lance-flammes » et « On va vous faire une Deranque ».
Ces tensions ont été exacerbées par des déclarations de députés de La France Insoumise, qui ont mis en lumière les activités du Canon français, attirant ainsi l’attention de groupes violents. Pierre-Alexandre de Boisse a fait part de son inquiétude, craignant que cela n’attire d’autres groupes hostiles.
Une autre source de controverse concerne le lien entre le Canon français et le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin, qui détient 30 % des parts de l’entreprise. Les fondateurs se défendent en affirmant qu’ils n’ont jamais eu de contact direct avec lui. Pierre-Alexandre de Boisse a précisé que Stérin est entré dans le capital via un fonds d’investissement, sans lien avec ses opinions politiques.
Face à la montée des critiques, les fondateurs ont rédigé une lettre ouverte adressée au ministre de l’Intérieur pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « campagne de harcèlement » contre leur organisation. Ils appellent à une prise de conscience sur la nature des accusations qui pèsent sur eux.
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a déclaré le 6 mai au Sénat que les préfets n’avaient pas de base légale pour interdire ces banquets, affirmant qu’aucun risque de troubles à l’ordre public n’était à signaler. Toutefois, il a précisé que les autorités demeuraient vigilantes face à des contre-manifestations qui pourraient survenir.
Les critiques ne se limitent pas à des accusations de racisme. Le recteur de la mosquée de Paris a également soulevé des préoccupations quant au contenu des banquets, notamment le fait que certains événements ne proposaient que du porc, ce qui pourrait exclure certaines communautés. Géraud de la Tour a réagi à ces critiques, rappelant que leurs menus sont variés et qu’ils n’ont jamais été attaqués par des groupes musulmans.
Les co-fondateurs insistent sur le fait qu’ils ont mis en place une charte de bonne conduite pour garantir le respect mutuel lors de leurs événements. Ils affirment que, malgré les récentes controverses, leurs banquets ont toujours été des moments de convivialité et de partage, sans incidents notables jusqu’à présent. Ils affirment que ces attaques sont infondées et qu’ils aspiraient simplement à célébrer les valeurs françaises à travers la gastronomie.
En dépit de la tempête médiatique et des menaces, les fondateurs du Canon français restent déterminés à poursuivre leur mission. Ils sont ouverts à de nouveaux investisseurs et espèrent que ces controverses ne terniront pas l’image de leur initiative dédiée à la gastronomie française.