Dans un rapport alarmant, l’ONG Foodwatch a révélé la présence de pesticides interdits dans plusieurs aliments importés, mettant en lumière les failles du cadre juridique européen en matière de sécurité alimentaire. L’association a analysé 64 produits, parmi lesquels 14 contenaient des résidus dépassant les limites maximales autorisées.
EN BREF
- Foodwatch dénonce des pesticides interdits dans 14 produits alimentaires importés.
- L’ONG appelle l’UE à établir une limite maximale de résidu à zéro pour ces substances.
- La Commission européenne est critiquée pour son manque de réactivité face à ces dangers.
Le 24 octobre 2023, Foodwatch a exhorté l’Union européenne à réévaluer son projet sur la sécurité alimentaire, après avoir identifié des substances interdites dans des produits alimentaires du quotidien. Selon l’ONG, ces résidus sont souvent présents en raison de lacunes dans la législation actuelle.
Les tests ont concerné des produits variés tels que des thés, des épices et du riz, provenant de grandes marques ainsi que de marques de distributeurs en France, en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas. Parmi les produits incriminés, deux ont été achetés en France : du paprika doux moulu de la marque Ducros et du riz Le Thaï Taureau Ailé. Ces produits contenaient respectivement des résidus d’insecticides chlorfénapyr et flonicamide, et d’anthraquinone, tous deux dépassant les normes légales.
Foodwatch déplore également que, malgré l’interdiction d’un pesticide dans l’UE, la Commission ne réduise pas automatiquement les limites de résidus tolérés. En effet, la production de certains pesticides interdits reste autorisée, permettant ainsi leur exportation et leur réintroduction sur le marché européen, un phénomène qualifié par l’ONG de « retour comme un boomerang ».
En analysant les 64 produits, il a été révélé que 45 d’entre eux contenaient des résidus de pesticides non autorisés en Europe, certains affichant même jusqu’à une vingtaine de ces substances. Parmi celles-ci, trois néonicotinoïdes et l’isoprothiolane, un fongicide utilisé sur le riz, étaient les plus fréquemment détectés.
Cette étude intervient alors que la Commission européenne prépare un projet législatif, connu sous le nom de paquet “omnibus”, sur la sécurité alimentaire, qui suscite de vives inquiétudes parmi les ONG. Foodwatch a appelé l’UE à établir en urgence une limite maximale de résidu à zéro pour tous les pesticides non autorisés. L’ONG critique également le fait que le texte proposé privilégie des études d’impact individuelles au lieu d’une réduction automatique des limites de résidus.
Si ce projet était adopté, il pourrait également ouvrir la voie à des autorisations illimitées pour certaines substances, tout en supprimant les réexamens périodiques, sauf si une révision est demandée par la Commission.
Cette situation met en exergue un enjeu crucial pour la santé des consommateurs européens et souligne la nécessité d’une réglementation plus stricte et efficace pour protéger les citoyens des dangers potentiels liés à l’alimentation. Face à ces révélations, l’UE doit agir rapidement pour assurer la sécurité de ses produits alimentaires.