Le plan de Stéphanie Rist pour désengorger les urgences hospitalières en France

Face à l’engorgement des services d’urgences, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé de nouvelles mesures. Lors d’un congrès à Paris, elle a expliqué que l’accès aux urgences sera désormais conditionné à un appel préalable au 15, le numéro d’urgence, afin de déterminer si l’état du patient nécessite un passage par ces services. Cette approche vise à alléger la pression sur les hôpitaux, notamment durant les périodes de forte affluence.

EN BREF

  • Le filtrage des urgences par le 15 sera étendu à une centaine d’hôpitaux dès l’automne.
  • Stéphanie Rist souhaite que 100% des établissements pratiquent la réorientation des patients d’ici deux ans.
  • Un appel à améliorer l’admission directe des patients, notamment des usagers fréquents, a été lancé.

Actuellement, le filtrage par le 15 est appliqué de manière sporadique, principalement pendant les pics saisonniers de fréquentation. La ministre a précisé que cette régulation préventive devrait être mise en œuvre dans une centaine d’établissements à travers la France, dans le but de réduire les tensions avant même les crises habituelles.

Les Agences régionales de santé seront responsables de la sélection des hôpitaux concernés. Les modalités de filtrage, qu’elles soient 24 heures sur 24 ou limitées à certaines périodes, seront déterminées localement. « Il faut que la régulation soit déclenchée avant que les équipes ne soient en souffrance », a insisté Stéphanie Rist.

Elle a également évoqué l’importance d’assurer une présence humaine à l’entrée des urgences, même en cas de régulation, pour accueillir les patients. Selon la ministre, cette méthode de régulation pourrait réduire les passages aux urgences de 20% sans compromettre l’accès aux soins. Cela soulève la question cruciale de l’efficacité de cette stratégie dans un contexte où les services d’urgence sont souvent débordés.

Réorientation des patients et gestion des lits

Stéphanie Rist a appelé les hôpitaux à systématiser la réorientation des patients à l’entrée des urgences. Cela permettrait d’orienter les personnes vers des solutions de médecine de ville lorsqu’elles ne nécessitent pas une hospitalisation immédiate. Elle a fixé un objectif ambitieux : que 100 % des établissements mettent en œuvre cette réorientation d’ici deux ans.

Les médecins urgentistes, de leur côté, s’attendent à une période estivale difficile, similaire à l’année précédente. Leurs préoccupations portent sur la nécessité de disposer d’un nombre suffisant de places d’hospitalisation en aval pour éviter que les patients ne restent bloqués trop longtemps aux urgences.

En outre, Stéphanie Rist a mentionné qu’elle attend les conclusions d’une mission sur la gestion des urgences pour la mi-juillet. Elle souhaite également développer l’admission directe de certains patients, en particulier ceux provenant des Ehpad, pour désengorger les services d’urgence.

Identification des usagers fréquents

Il est également crucial d’identifier et d’admettre directement les « usagers fréquents » des urgences, en raison de pathologies chroniques. Pour cela, la ministre a souligné l’importance d’équiper 100 % des établissements de santé d’un « gestionnaire de lits », un outil qui permet de repérer les lits disponibles pour accueillir des patients en attente.

Enfin, Stéphanie Rist a exprimé son souhait de favoriser le développement de salons d’attente pour les patients, afin de libérer les lits occupés inutilement. Ces changements, s’ils sont mis en œuvre efficacement, pourraient représenter une avancée significative dans la gestion des urgences hospitalières en France.