Les funérailles d’Ali Khamenei : un dernier voyage en Irak pour l’ayatollah

Après trois jours de procession, la dépouille d’Ali Khamenei, ancien guide suprême de la République islamique d’Iran, quitte son pays pour un dernier hommage en Irak. Tué le 28 février lors de frappes israélo-américaines sur Téhéran, son cercueil est attendu le 7 juillet au soir dans ce pays voisin. La suite du parcours funéraire, prévue pour le 8 juillet, l’emmènera à travers les villes sacrées de Najaf et Kerbala, des lieux emblématiques pour la communauté chiite.

EN BREF

  • Ali Khamenei, tué le 28 février, quitte l’Iran pour des funérailles en Irak.
  • Les villes de Najaf et Kerbala, centres religieux chiites, marquent le parcours.
  • Les autorités irakiennes assurent un dispositif de sécurité renforcé pour l’événement.

Le choix d’acheminer la dépouille d’Ali Khamenei en Irak n’est pas anodin. Les deux villes de Najaf et Kerbala sont des sanctuaires de premier ordre pour les chiites, dont le courant est majoritaire en Iran. Kerbala est particulièrement connue pour abriter le sanctuaire de l’imam Hussein, une figure centrale de l’histoire chiite, dont le martyr est commémoré depuis le VIIe siècle. Les funérailles qui s’y dérouleront sont donc placées sous le signe des thèmes de sacrifice, de persévérance et de résistance, des valeurs chères à la tradition chiite.

La ville de Najaf, quant à elle, est le site du sanctuaire de l’imam Ali, le premier imam chiite et un lieu d’apprentissage prestigieux. Les cérémonies prévues dans cette ville soulignent la position d’Ali Khamenei au sein de la communauté chiite, dépassant les frontières iraniennes. Ce déplacement symbolique renforce les liens entre l’Iran et l’Irak, illustrant une géographie chiite transnationale.

Selon Hajar Ghorbani, anthropologue à l’université d’Alberta, « pour l’Iran, l’Irak n’est pas simplement un territoire étranger. Il fait partie d’une géographie chiite transnationale, et aussi de la géographie politique de la résistance, de la guerre, du martyre et de l’anti-impérialisme ». Cette analyse met en lumière l’importance des relations entre les deux pays, qui sont traditionnellement étroites sur les plans politique et religieux.

Les autorités irakiennes, conscientes de l’importance de cet événement, ont également annoncé le déploiement d’un important dispositif de sécurité. Le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, a salué la « planification minutieuse » de cet hommage, qu’il considère comme un reflet du lien spirituel entre les deux nations.

Ce parcours funéraire, qui s’étendra sur six jours, culminera avec l’inhumation d’Ali Khamenei le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad, au nord-est de l’Iran, sa ville natale. Les images diffusées par la télévision d’État montrent une foule immense rendant hommage à l’ayatollah dans les rues de Qom, où il a été exposé. La procession est également accompagnée des cercueils de plusieurs membres de sa famille, dont une de ses filles, un gendre, une belle-fille et une petite-fille âgée de 14 mois.

Ce dernier voyage d’Ali Khamenei témoigne non seulement de son héritage en tant que leader religieux, mais également de l’importance des symboles et des rituels au sein de la communauté chiite. Les funérailles s’annoncent comme un événement marquant, à la fois pour l’Iran et pour la communauté chiite mondiale, illustrant la profondeur des liens spirituels et politiques qui unissent ces deux nations.