Une récente étude met en lumière l’évolution des primes de partage de profit pour les salariés des grandes entreprises. En 2025, la prime collective moyenne atteint 6 010 euros, marquant une hausse de 2 % par rapport à l’année précédente. Pourtant, malgré cette augmentation, le montant total versé aux salariés connaît une légère baisse.
EN BREF
- La prime moyenne de partage du profit est de 6 010 euros en 2025.
- Malgré une hausse des primes individuelles, le total versé diminue de 3,84 %.
- Des écarts significatifs existent entre les secteurs d’activité.
Selon le Baromètre du partage du profit publié par Mathieu Chauvin, président du groupe Eres, cette dynamique témoigne de la volonté des entreprises de maintenir un niveau de partage du profit élevé. Les dispositifs tels que la participation et l’intéressement jouent un rôle croissant dans les politiques de rémunération.
En parallèle, l’abondement moyen par salarié a également connu une hausse de 22 % sur un an, atteignant des niveaux records. Ce phénomène s’explique par l’attachement des entreprises aux dispositifs de partage du profit. Les entreprises utilisent l’abondement comme un mécanisme compensatoire lorsque les primes de participation et d’intéressement sont contraintes par des résultats économiques moins favorables.
Cependant, il convient de noter que le montant total des primes versées, qui s’élève à 6,23 milliards d’euros, a enregistré une légère baisse de 3,84 % par rapport à 2024. Cette situation résulte d’un contexte économique incertain, tant au niveau international, avec des tarifs douaniers fluctuants, qu’au niveau national, marqué par la dissolution de l’Assemblée nationale.
Des inégalités entre secteurs
Les inégalités de répartition des primes entre les différents secteurs sont frappantes. En 2025, les entreprises du SBF 120 ont redistribué en moyenne 7 % de leur résultat net à leurs salariés, avec des écarts allant de 2 % à 13 %. Ainsi, 17 % des entreprises versent moins de 1 000 euros par salarié, tandis que 20 % dépassent les 10 000 euros. La prime la plus élevée atteinte cette année s’élève à 31 593 euros.
Le domaine pétrolier et parapétrolier se distingue particulièrement, avec une prime moyenne proche de 13 000 euros par salarié. Par ailleurs, sur la période 2021-2025, le secteur du luxe s’impose comme étant le plus généreux en termes de primes de partage du profit.
Vers une réforme de l’épargne salariale
Face à ces inégalités, une proposition de loi visant à débloquer 5 000 euros de manière anticipée dans le cadre de l’épargne salariale pourrait prochainement être discutée. Cette initiative pourrait permettre d’améliorer la situation pour les salariés dont les primes sont insuffisantes.
En somme, l’année 2025 révèle des tendances contrastées dans le domaine du partage des profits au sein des grandes entreprises. Bien que la prime moyenne ait augmenté, la diminution du montant total versé et les inégalités sectorielles soulèvent des questions quant à la justice de la répartition des richesses au sein des sociétés françaises.