Deux tiers des parents français freinent leur désir d’enfants par manque de moyens

Une récente étude de l’Union nationale des associations familiales (Unaf) révèle que 67 % des parents en France estiment ne pas avoir les ressources financières nécessaires pour envisager un enfant supplémentaire. Cette enquête, publiée le 16 septembre 2026, souligne l’impact significatif des contraintes économiques sur les décisions familiales.

EN BREF

  • 67 % des parents ne se sentent pas en mesure d’accueillir un nouvel enfant.
  • Le frein financier est particulièrement ressenti par les jeunes parents et les femmes.
  • Une majorité appelle à une meilleure prise en compte des charges financières liées aux enfants.

Cette enquête de l’Observatoire des familles, réalisée par l’institut OpinionWay, met en lumière un constat alarmant : les jeunes parents, à 73 %, sont les plus touchés par cette inquiétude financière. Les femmes, également, se déclarent en difficulté dans une proportion similaire, tandis que 71 % des habitants des zones rurales partagent cette perception. Ces résultats témoignent d’une tendance préoccupante au sein de la société française.

Selon le communiqué de l’Unaf, une majorité des parents exprime une frustration face à l’insuffisance des aides publiques. En effet, 78 % d’entre eux estiment que les impôts et les aides actuelles ne reflètent pas la réalité des charges financières liées aux enfants. Plus de la moitié des parents interrogés (56 %) jugent également que les tarifs des services publics, tels que les crèches et les cantines, sont trop élevés.

Les résultats de l’étude révèlent également que 63 % des familles se considèrent en difficulté ou juste sur le plan financier. Parmi celles-ci, 27 % qualifient leur situation de difficile, tandis que 36 % affirment devoir surveiller attentivement leurs dépenses. Ce sentiment de précarité est accentué par le fait que 53 % des parents ne se sentent pas capables de préparer l’avenir de leur enfant, une augmentation significative de 10 points par rapport à l’année précédente.

Le coût d’un enfant devient particulièrement lourd à l’adolescence, la tranche d’âge des 14-17 ans étant perçue comme la plus coûteuse par 86 % des familles. Ces chiffres contrastent avec les récentes décisions gouvernementales, notamment la quasi-suppression de la majoration pour âge des allocations familiales, justifiée par l’argument que le coût d’un enfant ne commence qu’à partir de 18 ans.

Dans un contexte où les inquiétudes des associations familiales s’intensifient, l’Unaf note que l’enquête a été conduite entre le 29 janvier et le 19 février 2026, ciblant 2 500 parents d’au moins un enfant de moins de 20 ans vivant dans leur foyer. Ces résultats surviennent alors que des rapports récents des inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas) recommandent des économies de 4,2 milliards d’euros sur les politiques familiales.

Au début du mois de septembre, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a évoqué la possibilité de réexaminer la majoration de pension de retraite pour les parents de trois enfants et plus dans le prochain budget de la Sécurité sociale. De plus, depuis le 1er mars, l’âge ouvrant droit à cette majoration a été reporté de 14 ans à 18 ans, ce qui a poussé l’Unaf à saisir le Conseil d’État pour contester cette décision.

La situation des familles en France soulève ainsi des questions cruciales sur l’avenir des politiques publiques en matière de soutien à la parentalité et sur la capacité des parents à envisager une famille plus nombreuse dans un contexte économique de plus en plus difficile.