Nouveau barème d’orthographe pour le bac et le brevet : tensions chez les enseignants

Cette année, les élèves préparant le bac et le brevet seront soumis à un nouveau barème d’évaluation de la maîtrise de la langue et de l’expression écrite. Cette annonce, faite par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, suscite des réactions contrastées au sein de la communauté éducative.

EN BREF

  • Un nouveau barème d’orthographe pour le bac et le brevet a été mis en place.
  • Les élèves peuvent perdre deux points d’office en cas de mauvaise expression écrite.
  • Les enseignants expriment des avis partagés sur cette mesure.

Le ministre a précisé que ce barème, qui sera publié au bulletin officiel le 17 septembre, vise à instaurer un cadre clair pour les élèves et les correcteurs. Ce cadre sera composé de quatre niveaux d’évaluation, allant de « très insuffisant » à « très satisfaisant », et prendra en compte l’orthographe, la syntaxe, le lexique et l’organisation de la réflexion.

Une des mesures les plus controversées est la perte automatique de deux points pour toute mauvaise expression, quelle que soit la matière concernée, y compris les mathématiques. Cette décision a suscité l’inquiétude de certains enseignants, notamment Pierre Priouret, professeur de mathématiques. Pour lui, cette approche pourrait avoir des conséquences néfastes sur la note globale des élèves, en particulier pour ceux qui ont des difficultés d’écriture, mais excellent dans d’autres domaines.

En revanche, d’autres acteurs du milieu éducatif, comme Jean-Rémi Girard, président du Syndicat enseignant Snalc, saluent cette initiative. Selon lui, un contrôle rigoureux du niveau de langue est essentiel, surtout dans les matières où la rédaction est primordiale, telles que le français ou l’histoire-géographie. En effet, les copies jugées défaillantes en orthographe ne pourront pas obtenir la moyenne, ce qui pourrait inciter les élèves à améliorer leurs compétences linguistiques.

Le ministre Geffray avait déjà évoqué, dans une circulaire, la nécessité d’un meilleur contrôle de la maîtrise de la langue pour la dernière édition du bac. Toutefois, il a admis que les résultats avaient été pris en compte de manière inégale, d’où cette nouvelle initiative.

Les enseignants se retrouvent donc à la croisée des chemins. D’un côté, ils comprennent l’importance d’une bonne maîtrise de la langue pour la réussite des élèves. De l’autre, ils craignent que ce nouveau barème ne soit perçu comme une mesure punitive, nuisant à la motivation des élèves. La question de l’évaluation de la langue à l’école reste donc plus que jamais d’actualité, alors que le système éducatif cherche à équilibrer rigueur et bienveillance.

Il est indéniable que cette réforme soulève des questions cruciales sur l’évaluation des compétences linguistiques dans le cadre scolaire. Comment concilier exigence académique et accompagnement des élèves en difficulté ? Les mois à venir s’annoncent riches en débats sur ce sujet sensible.