Ce mardi 15 septembre 2026, l’ex-maire de Paris, Anne Hidalgo, a été auditionnée par la commission d’enquête sénatoriale concernant les violences sexuelles survenues dans le périscolaire des écoles de la capitale. Sa défense, qui se veut centrée sur un « échec collectif », suscite une vive réaction des familles de victimes et des associations.
EN BREF
- Anne Hidalgo affirme ne pas être responsable des violences dans le périscolaire.
- Des critiques sévères émergent de la part des familles et des collectifs de victimes.
- Une première peine de prison ferme a été prononcée pour des agressions sexuelles sur des enfants.
Lors de son audition, Anne Hidalgo a tenté de se dissocier des responsabilités qui lui incombent en tant qu’ancienne dirigeante de la mairie de Paris. Elle a exprimé des « regrets » tout en soulignant que les institutions, y compris la mairie, l’Éducation nationale, et les forces de l’ordre, avaient « failli » dans la protection des enfants. « Si nous sommes devant vous, c’est parce que nos institutions ont échoué », a-t-elle déclaré.
Cette défense a provoqué l’indignation d’Elisabeth Guthmann, co-fondatrice du collectif SOS Périscolaire, qui a exprimé son écœurement sur RMC. Elle a accusé Hidalgo de « diluer sa responsabilité », pointant du doigt que les recrutements d’animateurs, sous sa responsabilité, étaient « très mauvais » et que les processus mis en place étaient défaillants.
Guthmann a également souligné que Hidalgo était au courant des agressions dès 2014 et qu’un rapport commandé par la mairie avait déjà mis en lumière de nombreuses failles. « Comment peut-on expliquer que seulement 50 % des recommandations aient été mises en œuvre ? », s’interroge-t-elle, déplorant que des centaines de victimes auraient pu être épargnées si un suivi adéquat avait été réalisé.
Le rôle de Patrick Bloche, ancien adjoint d’Anne Hidalgo et en charge des affaires scolaires, est également remis en question. Des alertes sur des violences physiques et sexuelles avaient été envoyées à son attention, mais il semble qu’aucune action significative n’ait été entreprise. « On a des mails de confirmation qui montrent qu’il a bien compris les enjeux », a précisé Guthmann.
La situation a pris une tournure dramatique avec la condamnation, ce même jour, d’un animateur du périscolaire à cinq ans de prison pour avoir agressé neuf enfants. Cette décision judiciaire marque un tournant dans le scandale et souligne l’urgence des mesures à prendre pour protéger les enfants concernés. Toutefois, la peine infligée a été jugée insuffisante par Elisabeth Guthmann, qui rappelle que de telles agressions mériteraient des sanctions beaucoup plus sévères.
Les investigations pénales se poursuivent, visant non seulement Hidalgo et Bloche, mais aussi le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui a reconnu le caractère systémique des agressions. Ce dernier a engagé un plan de 20 millions d’euros pour lutter contre les violences sexuelles dans le périscolaire, une démarche bien accueillie par les familles de victimes.
Alors que certaines voix s’élèvent pour demander des comptes, la responsabilité des élus en matière de protection des enfants dans le cadre scolaire est plus que jamais au cœur des préoccupations. Les familles de victimes attendent des réponses et des actions concrètes pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent à l’avenir.
Dans un contexte où la sécurité des enfants doit être une priorité, les actions des responsables politiques sont scrutées de près. Les suites de cette affaire détermineront sans doute l’avenir des politiques publiques en matière de protection de la jeunesse en France.