Charles Consigny propose de délocaliser les ministères pour désengorger Paris

Lors d’une intervention sur le plateau d’Apolline Matin, le 16 septembre 2026, l’avocat Charles Consigny a suggéré un vaste déménagement des administrations publiques hors de Paris. Selon lui, cette initiative pourrait contribuer à résoudre la crise du logement et à alléger la pression sur les infrastructures de transport de la capitale.

EN BREF

  • Charles Consigny propose de transférer ministères et administrations en région.
  • Des villes comme Dole et Sées possèdent des infrastructures publiques sous-utilisées.
  • Seule une partie des candidats à la présidentielle 2027 soutient cette idée.

Charles Consigny a mis en avant les conditions de vie difficiles en Île-de-France, évoquant des images de Franciliens entassés dans les transports en commun. « La pénurie de logement est alarmante. Nous sommes confrontés à des RER qui fonctionnent une fois sur deux et à des métros bondés », a-t-il déclaré sur RMC. Face à cette situation, il a questionné l’utilité de maintenir des ministères dans des lieux où le coût au mètre carré est exorbitant, comme entre la rue de Grenelle et la rue du Bac.

Dans son argumentation, l’avocat a mis en lumière une liste d’institutions publiques, telles que l’Insee, qui pourraient bénéficier d’une délocalisation. Il a proposé des villes comme Dole, dans le Jura, et Sées, dans l’Orne, qui disposent de grands bâtiments vacants et d’un accès au TGV. « Des villes comme celles-ci, vous en trouvez partout en France, témoignant d’une époque où notre pays était moins centralisé », a-t-il ajouté.

Charles Consigny a également mentionné que certaines administrations, comme l’Insee, avaient déjà commencé à transférer des activités à Metz après la fermeture de casernes. Toutefois, il a souligné que peu de personnel parisien avait suivi ce mouvement, privilégiant le recrutement local. L’économiste Emmanuel Lechypre a fait remarquer que « sur les centres de décision, ce n’est pas possible », soulignant que peu de pays fonctionnent avec des pouvoirs concentrés dans une seule ville.

En outre, Consigny a critiqué la présence de grandes institutions, telles que France Télévisions et la Bibliothèque nationale de France (BNF), à Paris, arguant que leur délocalisation ne ferait qu’alléger la congestion de la ville. « Cela ne sert à rien, à part engorger notre ville », a-t-il insisté.

Il a fait référence à Napoléon III, qui avait envisagé au 19e siècle de créer une capitale administrative à Lyon, pour éviter la centralisation excessive à Paris. Ce projet, selon lui, reste d’actualité dans le contexte actuel de crise de logement et de transport.

Malgré ces propositions, l’idée de délocaliser les administrations ne fait pas l’unanimité. Parmi les candidats à la présidentielle de 2027, seul Olivier Faure du Parti socialiste se prononce en faveur de cette mesure. Nicolas Dupont-Aignan, quant à lui, souhaite déplacer des préfectures et des administrations régionales vers des villes moins peuplées lorsque cela est possible.

La question de la décentralisation des administrations reste donc ouverte et suscite des débats passionnés. Les solutions envisagées pourraient-elles réellement apporter un changement significatif dans la gestion des territoires et la qualité de vie des citoyens ? Seul l’avenir nous le dira.