La situation au sein du groupe TotalEnergies pourrait connaître un tournant significatif début octobre. En effet, la CGT a lancé un appel à la grève pour le 8 octobre, touchant tous les sites du groupe, y compris ses stations-service et raffineries. Cette décision intervient dans un contexte de flambée des prix des carburants et de difficultés logistiques exacerbées par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
EN BREF
- La CGT appelle à la grève le 8 octobre sur tous les sites de TotalEnergies.
- Le mouvement pourrait entraîner des arrêts d’expédition de carburants et des fermetures de stations-service.
- Les syndicats dénoncent la dégradation des conditions de travail et la stagnation des salaires.
Ce mouvement social, prévu trois semaines avant l’échéance, vise à revendiquer des améliorations en matière d’emploi et de salaires. Il est à noter que la proposition de grève pourrait entraîner des conséquences importantes, notamment des arrêts d’expédition de carburants depuis les raffineries ou des fermetures de stations-service, selon l’engouement des salariés et les modalités décidées localement, comme l’a précisé Éric Sellini, coordinateur CGT au sein de TotalEnergies.
Les difficultés rencontrées par le secteur sont accentuées par la flambée des cours du pétrole et des produits dérivés. Dans ce contexte, le gouvernement a reconnu que près de 10 % des stations-service éprouvaient des difficultés d’approvisionnement. Ce constat souligne la tension qui prévaut actuellement sur le marché de l’énergie en France.
Les conditions de travail des salariés sont également au cœur des préoccupations. Selon la CGT, les effectifs dans les raffineries sont « sous tension » en raison d’un recours accru à l’intérim et aux contrats à durée déterminée (CDD), ce qui pourrait avoir des répercussions sur la sécurité. Les salariés dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail, aggravée ces derniers mois, notamment pendant les périodes de canicule.
Outre les raffineries, l’appel à la grève s’étend également à Hutchinson, une filiale de TotalEnergies, ainsi qu’à Argedis, qui gère environ 180 stations-service, principalement sur autoroute. Certaines de ces stations avaient déjà interrompu leur activité au printemps dernier pour demander une aide pour leurs salariés, face à la hausse des prix du carburant.
Les revendications du syndicat portent également sur le pouvoir d’achat en déclin pour de nombreux travailleurs. La CGT souligne que plusieurs employés, notamment dans les filiales, doivent compter sur la prime d’activité de la CAF pour faire face à des salaires jugés insuffisants à la lumière de l’augmentation du coût de la vie.
La situation est exacerbée par le fait que, tandis que les prix du carburant atteignent des sommets, les augmentations salariales restent figées. Éric Sellini a fait remarquer que les augmentations de salaires semblent désormais se référer principalement aux dividendes versés aux actionnaires, qui ont connu une hausse de 5,6 % récemment.
Dans ce climat tendu, les acteurs du secteur restent vigilants. Les prochains jours pourraient être décisifs pour l’approvisionnement en carburants et la tranquillité des stations-service, alors que les salariés s’apprêtent à faire entendre leurs voix au travers de cette mobilisation. Reste à voir quelle sera l’ampleur de la grève et ses répercussions sur la chaîne d’approvisionnement de TotalEnergies.