Audrey témoigne : comment Mounjaro a transformé sa vie face à l’obésité

Le jeudi 28 mai 2026, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé une mesure attendue par de nombreux patients : le remboursement des traitements anti-obésité Wegovy et Mounjaro, qui sera effectif à partir de la mi-juin. Cette décision représente une avancée significative pour les 2 à 3 millions de personnes souffrant d’obésité massive ou sévère, souvent confrontées à des coûts mensuels prohibitifs allant de 200 à 500 euros pour ces médicaments essentiels.

EN BREF

  • Le remboursement des traitements Wegovy et Mounjaro commence mi-juin 2026.
  • Audrey, patiente, témoigne des bénéfices du Mounjaro sur sa santé.
  • Les médicaments visent à lutter contre l’obésité sévère, touchant des millions de Français.

Audrey, cadre supérieure de 48 ans, partage son expérience : « On peut dire que ça a changé ma vie ». Sujette à l’obésité depuis des décennies, elle affirme que c’est la première fois qu’elle observe un changement durable dans sa santé et son poids grâce à Mounjaro, un traitement qu’elle suit depuis huit mois. Elle raconte avoir essayé de nombreux régimes, sans succès durable, se contentant souvent de perdre quelques kilos avant de les reprendre rapidement.

« Avec le traitement, j’ai perdu environ quinze kilos. Cela a amélioré ma qualité de vie, en me permettant même de lacer mes chaussures sans difficulté », explique-t-elle. Mounjaro, administré par injection hebdomadaire, agit en inhibant la sensation de faim, une aide précieuse pour ceux qui luttent contre l’obésité. Conformément aux directives du ministère de la Santé, le remboursement sera accordé aux patients ayant un IMC d’au moins 35, associé à des pathologies telles que le diabète ou l’hypercholestérolémie, comme c’est le cas d’Audrey.

Malgré les bénéfices, ces traitements sont controversés, notamment en raison de leur coût élevé et des dérives potentielles de leur utilisation à des fins esthétiques. Audrey souligne l’importance de ne pas banaliser ces médicaments : « Ce n’est pas pour faire perdre 3 kg à monsieur ou madame tout le monde », insiste-t-elle. « C’est un engagement pour toute une vie. »

Pour Audrey, le coût représente un sacrifice financier considérable. « Je suis passée de 300 à 500 euros par mois pour mon traitement. Cela nécessite une planification budgétaire, et je fais même du « tourisme pharmaceutique » pour trouver le prix le plus bas », confie-t-elle. Elle ajoute avec une pointe d’humour : « On dit que la santé n’a pas de prix, mais pour ceux qui souffrent d’obésité, elle en a un, clairement. »

Les associations de lutte contre l’obésité accueillent avec enthousiasme cette décision gouvernementale. Linda Achour, présidente de l’association La Ronde des Formes, déclare : « C’est historique. On reconnaît enfin l’obésité comme une maladie à part entière. » Hanane Guillard-Méziane, directrice générale de la Ligue contre l’obésité, souligne que ce remboursement permettra de réduire les inégalités d’accès aux traitements, souvent réservés aux plus riches.

La prise en charge de l’obésité est essentielle, non seulement pour la santé des patients, mais aussi pour les finances publiques. En effet, près de 18 % de la population adulte en France souffre d’obésité, entraînant des coûts importants liés aux complications de santé. Le remboursement des traitements pourrait ainsi représenter une économie à long terme pour l’État.

Le professeur Patrick Tounian, chef du service de nutrition à l’hôpital Trousseau à Paris, ajoute que les effets secondaires des traitements, bien que potentiels, sont généralement bénins. Il souligne l’importance d’un suivi médical pour maximiser l’efficacité de ces traitements, qui doivent être associés à une rééducation nutritionnelle et à une activité physique régulière.

Pour Audrey, le traitement est un pari, mais elle est déterminée à poursuivre cette voie. « Le médicament ne fait pas tout. Il aide à contrôler l’appétit, mais il faut également s’engager dans un mode de vie sain pour que cela fonctionne sur le long terme. » Elle conclut en rappelant aux jeunes qu’il s’agit d’un engagement à vie, à l’image de la gestion d’une maladie chronique.

Alors que le gouvernement met en place des mesures pour améliorer l’accès à ces traitements, il est essentiel de continuer à sensibiliser le public sur l’obésité, ses conséquences, et la nécessité d’une prise en charge adaptée et respectueuse de la dignité des patients.