Grève des psychiatres : une réponse à la crise aiguë du secteur public

Le jeudi 17 septembre 2026, les psychiatres du secteur public se mobilisent pour dénoncer une crise qui s’intensifie. Ce mouvement, orchestré par plusieurs syndicats, vise à attirer l’attention sur les difficultés croissantes auxquelles fait face la psychiatrie en France, malgré les promesses politiques autour de la santé mentale.

EN BREF

  • Les psychiatres hospitaliers dénoncent une crise profonde et des moyens insuffisants.
  • 30 % des postes de psychiatres et 15 % des postes d’internes sont vacants.
  • Un rassemblement est prévu devant le ministère de la Santé pour soutenir leurs revendications.

Les syndicats de psychiatres hospitaliers et des structures publiques, dont l’Intersyndicale de la défense de la psychiatrie publique (IDEPP) et le Syndicat des psychiatres d’exercice public (SPEP), expriment leur mécontentement face à une situation qu’ils jugent alarmante. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 30 % des postes de psychiatres hospitaliers restent vacants, tout comme 15 % de ceux des internes en psychiatrie. Cette pénurie de professionnels de santé est aggravée par le manque de 10 000 lits d’hospitalisation, laissant de nombreux patients sans solution.

Les syndicats rapportent également que plusieurs patients se retrouvent bloqués aux urgences pendant des jours, en attente d’une place. Cette crise touche non seulement les hôpitaux mais aussi les centres médico-psychologiques (CMP), où les listes d’attente explosent, tandis que les locaux et équipements sont souvent vétustes, ne permettant pas un accueil adéquat pour les 480 000 patients hospitalisés et 2 millions en ambulatoire.

Le gouvernement a récemment déclaré la santé mentale comme une « grande cause nationale », mais les syndicats estiment que les mesures mises en place sont insuffisantes. Ils critiquent notamment la faible progression budgétaire allouée à la psychiatrie, la plus basse parmi toutes les disciplines médicales. Cela entraîne une aggravation du manque de ressources et de moyens, ainsi que des rémunérations jugées trop faibles pour les professionnels du secteur.

Les syndicats s’inquiètent également des nouvelles missions qui leur sont imposées, comme l’objectif ambitieux de mettre fin aux contentions d’ici 2030 ou la création d’un dispositif « coupe-file » pour les jeunes en détresse psychique, signalés par l’Éducation nationale. Ils estiment qu’il est impossible de répondre à ces exigences sans un renforcement significatif des moyens mis à disposition.

Lors d’une réunion en juin 2026, les syndicats avaient exprimé leur consternation face aux réponses jugées « inconsistantes » du gouvernement concernant la grande cause santé mentale. Selon eux, les promesses faites n’ont pas été accompagnées de moyens concrets. Les syndicats réclament donc la co-construction d’un plan pluriannuel de redressement de la psychiatrie publique, la revalorisation des revenus et la reconnaissance de la pénibilité de leur métier, ainsi qu’une augmentation significative de la capacité en lits et places.

Pour faire entendre leur voix, un rassemblement est prévu devant le ministère de la Santé à 11 heures ce jeudi. Les psychiatres espèrent ainsi susciter un changement et attirer l’attention sur les défis urgents auxquels ils font face, afin d’améliorer les conditions de travail et de soins dans leur secteur.

Ce mouvement de grève témoigne d’une volonté collective de défendre la santé mentale, une question qui mérite une attention particulière de la part des pouvoirs publics. Les psychiatres souhaitent que leur appel soit entendu et que des solutions durables soient mises en place pour sortir de cette crise profonde.