La mère de Rosa exprime sa culpabilité après la mort de Lyhanna, victime présumée de Barella

Dans un témoignage poignant, la mère de Rosa, une autre victime présumée de Jérôme Barella, a exprimé sa profonde culpabilité suite à la mort de Lyhanna. « Cette mort de Lyhanna, ça reste sur ma conscience. Il faut que je vive avec sa mort », a-t-elle déclaré, soulignant le poids émotionnel qu’elle ressent depuis la disparition tragique de la fillette. Le corps de Lyhanna a été retrouvé le 4 juin 2025, un drame qui ébranle toute la communauté.

EN BREF

  • La mère de Rosa culpabilise de ne pas avoir agi davantage pour empêcher la mort de Lyhanna.
  • Jérôme Barella, suspecté de viol et de meurtre, n’a jamais été entendu par la justice.
  • Des procédures judiciaires sont en cours contre l’État et les enquêteurs dans cette affaire.

La mère de Rosa avait déposé plainte en août 2025 pour viol contre Jérôme Barella, suspecté d’avoir tué Lyhanna. Des expertises psychologiques avaient établi la crédibilité de la fillette, qui avait dénoncé des viols commis entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile du suspect, alors qu’elle n’était âgée que de dix ans. Un examen gynécologique avait corroboré ses accusations. Malgré cela, le suspect n’avait jamais été placé en garde à vue ni entendu par la justice, laissant place à de nombreuses questions sur l’efficacité du système judiciaire.

Le parquet de Toulouse avait transféré l’affaire au parquet d’Auch, qui avait prescrit des actes d’enquête à la gendarmerie de Lectoure, mais cette procédure était en cours au moment de la disparition de Lyhanna. La procureure d’Auch, Clémence Meyer, a confirmé cette information, mais la mère de Rosa reste sceptique quant à la prise en charge de son dossier. Elle déclare : « On pouvait éviter sa mort si la justice et les personnes qui se sont occupées de mon dossier faisaient leur boulot correctement ». Une accusation grave qui souligne les dysfonctionnements judiciaires pointés du doigt depuis le début de cette affaire tragique.

Audrey, la mère de Rosa, a exprimé sa déception vis-à-vis des autorités françaises, déclarant qu’elles n’avaient pas protégé les enfants. « C’est très difficile de faire les démarches, de traverser les épreuves, et aujourd’hui on n’est pas considérées, on n’est pas entendues », a-t-elle ajouté, critiquant les promesses du gouvernement qui, selon elle, restent vaines.

Accompagné de son avocat, Maître Pierre Debuisson, Audrey a annoncé son intention de lancer deux procédures. La première sera une plainte contre l’État pour faute lourde, et la deuxième visera les enquêteurs qui n’ont pas interpellé le violeur de Rosa, ainsi que les magistrats impliqués. « Les procureurs auraient dû intervenir pour que celui-ci soit interpellé immédiatement », a-t-il insisté, soulignant l’irresponsabilité de ceux qui auraient dû agir.

Les questions demeurent : pourquoi attendre neuf mois alors qu’il y avait autant d’éléments dans ce dossier ? Maître Debuisson critique également la facilité avec laquelle l’État peut être blâmé, en rappelant que des individus, des hommes et des femmes, sont responsables de ces manquements. « Si chacun avait fait son travail, ce drame ne se serait jamais produit », a-t-il affirmé, appelant à une prise de conscience collective.

En attendant que des mesures soient prises, la mère de Rosa vit avec sa culpabilité. « C’est ma faute, je n’ai pas fait assez, je n’ai pas crié assez fort pour qu’ils nous entendent », a-t-elle déclaré, visiblement accablée par le poids de son impuissance face à un système judiciaire défaillant. Elle a également exprimé des regrets envers les parents de Lyhanna : « Je suis désolée. Je suis désolée de ne pas avoir fait plus. Je suis désolée qu’il n’ait pas été arrêté avant. Simplement, je suis désolée. »

La mère de Rosa a partagé ses réflexions sur Jérôme Barella, qu’elle pensait être un homme aimant envers les enfants. « Je n’ai jamais imaginé qu’il pouvait faire ça », a-t-elle avoué. Elle a suivi l’affaire de Lyhanna avec sa propre fille, qui a même suggéré de donner son nom à un futur enfant. Ce lien tragique entre les deux affaires continue de hanter la mère de Rosa, qui espère qu’un jour, justice sera rendue.