Le Rwanda est en pourparlers avec plusieurs États européens pour devenir un pays de transit pour les migrants expulsés. Cette annonce a été faite vendredi par le gouvernement rwandais à l’AFP.
EN BREF
- Le Rwanda discute avec plusieurs pays européens pour accueillir des migrants expulsés.
- Un précédent accord avec le Royaume-Uni a été annulé par le nouveau gouvernement britannique.
- Des centres de transit pourraient offrir aide et soins aux migrants en attente de décision.
En décembre 2022, Kigali avait signé un accord migratoire avec le Royaume-Uni, alors dirigé par Boris Johnson, visant à expulser des migrants arrivés illégalement sur le sol britannique. Ce projet a cependant été déclaré « mort et enterré » par le nouveau Premier ministre travailliste, Keir Starmer, qui a qualifié cet accord d’illégal après une décision de la Cour suprême de Grande-Bretagne.
Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais, a précisé que les discussions avec les pays européens sont encore à un stade préliminaire. Aucun pays n’a été spécifiquement mentionné, bien qu’elle ait nié l’existence d’un accord précis avec l’Italie, évoquant plutôt des pourparlers en cours.
Parmi les propositions discutées figure la création d’un centre de transit d’urgence à Gashora, situé à l’est du pays. Ce centre aurait déjà accueilli des milliers de migrants bloqués en Libye depuis 2019, permettant de sauver de nombreuses vies. Yolande Makolo a souligné que ces installations pourraient fournir des soins médicaux, une formation et un lieu de repos pour les familles. De plus, les demandes d’asile seraient traitées sur place, offrant aux migrants la possibilité de retourner chez eux ou d’être réinstallés dans d’autres pays.
En juin dernier, le Parlement européen a approuvé un règlement concernant les retours de migrants déboutés du droit d’asile. Ce texte ouvre la voie à des accords entre les États membres pour établir des centres de rétention en dehors des frontières de l’Union européenne, ce qui suscite des préoccupations parmi les défenseurs des droits humains.
Des pays comme le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas envisagent déjà des accords similaires avec une dizaine de pays, dont le Rwanda, pour traiter les demandes d’asile et gérer les retours de migrants.
Cette situation soulève des questions éthiques et logistiques sur la responsabilité des pays européens face à la crise migratoire. Les discussions en cours pourraient marquer un tournant dans la gestion des flux migratoires vers l’Europe, mettant le Rwanda sous les projecteurs des débats internationaux sur les droits des migrants et les politiques d’asile.