Ce dimanche 7 juin, la ville de Fleurance a été le théâtre d’une marche blanche en mémoire de Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte six jours après sa disparition. Près de 6 000 personnes se sont mobilisées depuis la base de loisirs de la commune, répondant à l’appel de sa famille pour rendre hommage à la jeune victime.
EN BREF
- Environ 6 000 personnes ont participé à la marche blanche en mémoire de Lyhanna.
- La famille a déposé un t-shirt et des roses blanches au collège de la fillette.
- Le maire a dénoncé l’inaction face à la violence faite aux enfants.
Au cœur du cortège, les parents de Lyhanna, ainsi que son frère, ont porté une banderole sur laquelle était inscrit : « Plus jamais ça ! On t’aime. Tu nous manques. » Les participants, vêtus de t-shirts blancs, ont suivi un parcours symbolique, passant par des lieux marquants pour la jeune fille, notamment son collège.
Le père de Lyhanna a déposé un t-shirt d’hommage et des roses blanches à l’entrée de l’établissement. Ce geste, empreint de tristesse, a été accompagné d’une multitude de fleurs laissées sur le muret qui entoure l’école, témoignant ainsi de l’émotion collective et de la solidarité envers la famille éprouvée.
À l’issue de la marche, la tante de Lyhanna, les larmes aux yeux, a remercié toutes les personnes présentes, ainsi que le maire pour son soutien durant les recherches. « 1 000 mercis pour tout », a-t-elle déclaré, partageant les mots rédigés par les parents. Elle a exprimé la douleur de la famille : « Notre petit monde tout entier s’est écroulé… Lyhanna, pardon, pardon pour ce que tu as vécu, nous t’aimons tellement. » Cette déclaration a été saluée par une salve d’applaudissements, témoignant de l’émotion palpable dans l’assemblée.
Le maire de Fleurance, Grégory Bobbato, a pris la parole pour exprimer son indignation. « On veut nous faire croire que la tragédie n’est que le dysfonctionnement d’un système, mais la mort de Lyhanna est le dernier acte d’une tragédie qui se joue depuis bien trop longtemps, » a-t-il déclaré. Il a interpellé l’assemblée sur la nécessité d’agir face à la violence à l’égard des enfants, en s’interrogeant sur le nombre de marches blanches et de minutes de silence qu’il faudrait encore organiser.
« Nous sommes tous Estelle Mouzin, nous sommes tous Maëlys, nous sommes tous Lyhanna, » a-t-il ajouté avec force. Une minute de silence a été observée en hommage à la fillette, tandis que les parents prenaient le temps de quitter la place, visiblement touchés par le soutien de la communauté.
Le cortège a également été marqué par des pancartes portant le visage de Lyhanna. Les messages étaient puissants et révélateurs de la douleur collective : « Ta vie fut brève mais ton impact sera éternel », ou encore « Un monstre a voulu te réduire au silence ! Aujourd’hui tu es un ange et on portera ta voix pour l’éternité. » Des messages qui interpellent et soulèvent des questions sur la sécurité des enfants.
Une participante, émue et vêtue de blanc, a partagé son ressenti : « Je me sens concernée, j’ai deux enfants, une fille de 12 ans et un fils de 13 ans. Ça aurait pu arriver à ma famille. » Une autre, également mère d’une jeune fille, a exprimé sa dévastation face à cet événement tragique, soulignant l’impact émotionnel que cette affaire a eu sur de nombreuses familles. Plusieurs personnes ont même fait des heures de route pour être présentes et soutenir la famille de Lyhanna.
Les attentes sont grandes quant à la recherche de justice. Une participante a affirmé : « On attend de la justice et que les pouvoirs publics prennent des mesures strictes pour que ça m’arrive plus. » Cette tragédie a suscité une onde de choc à travers le pays, mettant en lumière une polémique sur le traitement judiciaire des plaintes pour viols sur mineures, notamment concernant le principal suspect dans cette affaire.