Un foyer d’hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius suscite une mobilisation sanitaire mondiale. Ce cas, qui a entraîné le décès de trois personnes, rappelle les débuts de la pandémie de Covid-19 pour de nombreux observateurs. Les autorités sanitaires de plusieurs pays travaillent activement à retracer les parcours des passagers contaminés et à identifier l’origine de ce virus.
EN BREF
- Un foyer d’hantavirus sur le MV Hondius provoque des décès et des inquiétudes sanitaires.
- Les autorités enquêtent sur l’origine du virus et surveillent les passagers exposés.
- Des experts affirment que le risque pour le grand public reste faible.
Le 1er avril, à Ushuaia, un couple néerlandais, qui avait voyagé en Argentine, au Chili et en Uruguay, a embarqué sur le MV Hondius. Les autorités argentines s’efforcent maintenant de déterminer si la contamination a eu lieu dans l’un de ces pays. Des experts doivent se rendre dans différents lieux visités par les voyageurs pour capturer et analyser des rongeurs, car l’hantavirus se transmet généralement par le biais de sécrétions ou d’excréments d’animaux infectés.
Dans le même temps, plusieurs pays surveillent les cas contacts. Au Royaume-Uni, des passagers ont été placés en isolement, tandis qu’à Singapour, des résidents sont en quarantaine en attendant leurs résultats. Aux Pays-Bas, une hôtesse de l’air ayant été en contact avec une passagère infectée est également soumise à des tests de dépistage.
Cette situation mondiale suscite des craintes quant à un éventuel scénario similaire à celui du Covid-19. En effet, une transmission interhumaine est suspectée à bord du MV Hondius. Toutefois, les spécialistes soulignent une différence fondamentale : l’hantavirus « ne se transmet pas facilement d’une personne à l’autre », selon Karin Ellen Veldkamp, responsable du service des maladies infectieuses au Centre médical universitaire de Leiden, où l’un des patients est actuellement hospitalisé. Elle précise que la contamination sur le navire aurait eu lieu dans des conditions très spécifiques, liées à une promiscuité prolongée.
Maria Van Kerkhove, responsable du département prévention et préparation aux épidémies de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), partage cette analyse. Elle insiste sur le fait que « le risque pour le grand public reste faible » et que ce virus ne se propage pas de la même manière que la grippe ou le Covid-19. Jeudi, elle a calmé les inquiétudes en déclarant que « ce n’est pas le début d’une épidémie. Ce n’est pas le début d’une pandémie », lors d’une conférence à Genève.
Dans les hôpitaux accueillant des patients contaminés, des protocoles sanitaires renforcés ont été mis en place. À Leiden, les malades sont isolés dans des chambres spécifiques et suivis par des équipes spécialement formées. La durée pendant laquelle une personne peut être porteuse du virus reste incertaine, mais les patients sont maintenus en isolement tant qu’ils présentent des symptômes. Une fois leur état amélioré, des tests supplémentaires sont effectués pour s’assurer qu’ils ne sont plus contagieux.
Les chercheurs s’activent également à séquencer le génome du virus afin de mieux comprendre son origine et d’établir des liens entre les différents cas observés dans plusieurs pays. Ce travail est essentiel pour anticiper d’éventuelles évolutions et assurer une réponse efficace face à cette menace sanitaire.