Près de 90 % des billets en France portent des traces de cocaïne

Lorsque vous sortez un billet de 20 euros de votre poche, il est fort probable qu’il ait déjà été en contact avec de la cocaïne. Une étude récente révèle que près de 90 % des billets en circulation en France contiennent des traces détectables de cette drogue, un chiffre alarmant qui questionne l’usage et les dangers de notre monnaie quotidienne.

EN BREF

  • Environ 90 % des billets en circulation en France contiennent des traces de cocaïne.
  • La contamination croisée entre billets est la principale explication de ce phénomène.
  • Les analyses de billets révèlent une consommation de cocaïne en forte hausse en France.

Ce constat découle de plusieurs études menées tant en France qu’à l’étranger, qui ont utilisé la chromatographie pour identifier les traces infimes de cocaïne. Un laboratoire toulousain a récemment analysé des billets provenant de distributeurs automatiques, de commerces et de banques, et a trouvé que même les billets sortis tout juste d’un DAB étaient contaminés.

Comment un chiffre aussi élevé peut-il s’expliquer ? La réponse réside dans le terme de contamination croisée. Lorsqu’un billet est utilisé pour consommer de la cocaïne, il peut facilement contaminer d’autres billets qui se trouvent à proximité dans le même distributeur. Les dispositifs de distribution de billets agissent comme des mélangeurs, où les billets s’entrechoquent et se frottent les uns contre les autres à grande vitesse.

Un billet ayant servi à la consommation de cocaïne peut ainsi transmettre des particules microscopiques à ses voisins immédiats. Ce nouveau billet contaminé retourne ensuite en circulation, contaminant d’autres billets dans un cycle sans fin.

Des études antérieures, notamment une réalisée à Chicago, avaient déjà démontré que presque tous les billets analysés dans différentes grandes villes contenaient des traces de cocaïne, même dans des zones réputées pour une consommation marginale.

Il est crucial de préciser que les quantités détectées sont insignifiantes. Les traces de cocaïne sur les billets se mesurent en nanogrammes, des quantités invisibles à l’œil nu et sans danger pour la santé au contact de la peau. Il est donc impossible d’« absorber » de la drogue simplement en touchant un billet contaminé.

Cependant, ce chiffre constitue un indicateur révélateur de l’ampleur de la consommation de cocaïne dans le pays, parfois plus fiable que les statistiques officielles concernant les saisies ou les arrestations. La France se classe parmi les pays européens où la consommation de cocaïne a le plus augmenté au cours des quinze dernières années, touchant toutes les catégories sociales.

Les chercheurs commencent à utiliser cette méthodologie d’analyse des billets, ainsi que celle des eaux usées, pour estimer plus précisément la consommation réelle d’une ville, indépendamment des déclarations ou des interpellations policières.

Cette approche, connue sous le nom d’épidémiologie basée sur les eaux usées, a révélé que certaines métropoles françaises consommaient bien plus de cocaïne que les statistiques classiques ne le laissaient supposer. Ainsi, le billet de banque continue de surprendre par les histoires qu’il cache.

Aux États-Unis, une étude a même établi une hiérarchie de contamination des billets selon leur valeur : plus le billet est élevé, plus il a de chances de contenir des traces de cocaïne, probablement en raison de son utilisation fréquente dans des transactions liées au trafic de drogue. En Espagne, en Allemagne ou au Royaume-Uni, des résultats similaires ont été obtenus, avec des taux de contamination variant entre 80 et 95 % selon les régions analysées.

Il convient de relativiser l’expression « propre comme un sou neuf », car même un billet flambant neuf a probablement une histoire secrète que vous n’imaginez pas. La prochaine fois que vous manipulez de la monnaie, rappelez-vous que celle-ci peut en dire long sur la société et ses comportements.